Inspiré par les fables d’Esope et, notamment, « Le Loup et Le Chien », ce scénario n’est pas seulement destiné au jeune public, mais nous rappelle, à quel point, il préférable d’être libre le ventre vide que de vivre au crochet d’une quelconque soumission nourricière.

« Un loup voyant un très gros chien attaché par un collier lui demanda :

-Qui t’a lié et nourri de la sorte ?

-Un chasseur, répondit le chien.

-Ah ! Dieu garde de cela le loup qui m’est cher ! Autant la faim qu’un collier pesant. »

How to Steal a Dog, c’est l’histoire d’un frère et d’une soeur, qui vivent avec leur mère dans un van en déclin et dont le rêve d’enfant aspire, simplement, à avoir un vrai toit sur la tête.

Son anniversaire approchant, la petite fille se met en tête d’acquérir une maison et d’inviter ses amis à la fête. Alors, avec son acolyte de classe et son frère, ils vont échafauder un plan ; celui de voler le chien d’une vieille dame riche afin d’obtenir une grosse récompense financière.

Evidemment, toutes sortes de péripéties surviendront ; le neveu qui tentera de faire disparaitre le chien (le testament de sa tante fortunée étant destiné à son amour canin), le livreur de pizza qui cherchera à duper les enfants, le sdf à 3 doigts (représentant Esope, l’esclave affranchi) qui s’imposera en sauveur, … autant d’évènements qui viendront questionner le concept du mépris, les valeurs humaines et, plus généralement, le choix de la soumission ou de la liberté.

Les principaux protagonistes étant 3 enfants et un chien, on reconnait au réalisateur Kim Sung-Ho (Move to Heaven, …) qu’il ne s’est pas faufilé dans la facilité. Et même si le jeu des jeunes acteurs ne crie pas de justesse, la poésie de leur comportement et les différentes situations aventurières ne manquent pas d’interpeller notre sensibilité.

Un long-métrage qui déroule, aussi, une révérence aux mères courage ; avec l’excellente Kang Hye-Jung (Old Boy, …) dans le rôle d’une mère abandonnée par un mari en faillite. Une femme libre préférant un logement de fortune, sur des parkings ombragés, que de quémander aux portes fermées ou d’être séparée de ses enfants.

Une jolie morale, un film qui, en cette époque de révolution dormante où, plus que jamais, nous nous devons de reprendre nos libertés, fait du bien à l’âme.

Lo-Shi
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le 17 mars 2026

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