Navet de compétition, assez incroyable de la part de Hal Ashby quand même. Thriller fin de siècle dans une veine proche du néo-noir qui enfile les clichés comme des perles : cliché du flic devenu alcoolique suite à une bavure, cliché du flic qui veut se racheter mais qui souffre de ne pas avoir su protéger une femme, cliché sur les femmes (bon là la liste est beaucoup trop longue, les femmes sont des prostituées, des soumises, des nymphomanes, des volontaires pour faire la vaisselle, des "laides sans maquillages" — c'est Rosanna Arquette qui le dit, des barres de rire), cliché des grands méchants gangsters nerveux... Bref ça déborde de partout, c'est ringard de chez ringard, et c'est sans doute pire quand le film essaie de s'apitoyer sur le sort du flic rongé par la culpabilité, avec sa double dose de moraline sur les dangers de l'alcool et sur la force de l'amour (textuellement les mots de la fin tandis que Jeff Bridges marche au bord de l'eau sur une plage avec sa dulcinée). De l'autre côté de la frontière entre le bien et le mal, il y a Andy Garcia le mafieux pas gentil se vautrant dans le proxénétisme et la drogue, avec deux scènes-clés : la séquence de rencontre entre le gentil et le méchant autour d'une glace censée être le climax de la tension, et la séquence finale typée action avec fusil à pompe braqué sur madame pendant que monsieur fait le mariole avec le stock de drogue... Pathétique. Meilleure scène du film : Arquette saoule qui vomit sur les parties génitales de Bridges.Pour le reste : franchement consternant.