Un pitch redoutablement actuel : effondrement écologique, politiques d’euthanasie de masse, huis clos familial pour disséquer la monstruosité douce des élites. Sur le papier, Humane promettait une fable noire et tendue.
Mais à l’écran, tout coule. Le huis clos manque de rythme, les dialogues surlignent l’évidence, et les personnages ne dépassent jamais leur archétype.
Le film semble constamment hésiter : entre satire politique et drame familial, entre horreur sourde et théâtre filmé - et ne tranche jamais.
L’idée est là, mais la mise en tension est absente, la direction d’acteurs figée, et le découpage n’exploite jamais le potentiel claustrophobe de son décor unique.
Les + :
- Un concept ambitieux, lucide et glaçant dans son intention
- Quelques images fortes, disséminées comme des éclairs dans le brouillard
- Une volonté (maladroite) de questionner notre rapport au privilège et à la survie
Les – :
- Une satire sans mordant, qui observe au lieu d’inciser
- Personnages figés, trop écrits pour être incarnés
- Mise en scène sage là où il fallait du nerf, du cadre, du chaos
- Le huis clos ne devient jamais suffocant, seulement statique
Verdict :
Un film qui frôle le vertige des bonnes idées, mais retombe toujours sur les coussins d’un classicisme dévitalisé.
Dans un monde qui crame, Humane laisse à peine un frisson tiède.
4/10 : une dystopie désaffectée.