On aurait voulu y croire. Une chasse à l’homme haletante dans les montagnes, une tension viscérale entre le chasseur et sa proie… Hunting Ava Bravo avait tout pour être un petit thriller musclé et nerveux. Mais entre les mains de Gary Auerbach, le film s’égare dans une traque sans intensité, un jeu de cache-cache où le danger se fait aussi rare que la cohérence du scénario.
Kate del Castillo, pourtant charismatique dans Ingobernable ou La Reina del Sur, fait ce qu’elle peut avec une héroïne qu’on peine à cerner : forte, puis fragile, puis forte à nouveau, au gré d’un script qui change d’humeur comme le vent. Face à elle, Marc Blucas campe un milliardaire cynique reconverti en chasseur d’humains — un concept déjà vu, déjà usé, et ici dénué de la moindre folie. Son regard froid peine à faire oublier une écriture caricaturale qui transforme chaque réplique en cliché.
La mise en scène de Auerbach reste fonctionnelle : ni la caméra ni le montage ne parviennent à créer une réelle tension. Tout semble plat, comme si chaque plan avait été tourné sans conviction. Même la bande-son, composée par David Cuquetel et Daniel Giancarli Llamo, tente maladroitement d’insuffler un peu de rythme, sans jamais trouver le bon ton.
Ce film, c’est une promesse non tenue. Une chasse annoncée comme sauvage et implacable, mais qui finit par tourner en rond, prisonnière de son propre terrain de jeu. Il reste l’envie — celle d’avoir vu ce que ce Hunting Ava Bravo aurait pu être, entre de meilleures mains.
Ma note : 2/10.