Ma critique vidéo sur Hurlevent
Connaissez-vous Les Hauts de Hurlevent ? Peut-être que non. Déjà adapté par le passé avec plusieurs versions, c’est au tour de Emerald Fennell de s’attaquer à cette histoire en adaptant SA propre version de Hurlevent (d’où le titre différent du roman). Avec Margot Robbie et Jacob Elordi dans les rôles principaux (la seule raison qui motive un peu pour y aller au passage), que vaut cette nouvelle version ? Et bien, en toute honnêteté, c’est très difficile de rentrer dans le récit. Il y a quelques points qui peuvent être plaisants mais d’autres sont réellement très problématiques et le fait de ne pas réussir à croire au récit en fait partie.
On va essayer de ne pas le comparer au roman même si ça va être un peu difficile de l’ignorer cette fois vu le rendu que le film a donné.
Positif
- Nelly Dean (Hong Chau) est la dame de compagnie de Catherine et elle est aussi (selon wikipedia) la narratrice de l’histoire. En vrai, elle a l’air d’être un des seuls personnages intéressants de ce long-métrage sans être trop détestable. En vrai, quand on voit son traitement au début, on comprend pourquoi elle veut rester au service d’Edgar. Franchement, elle a beau être secondaire, elle est bien mieux écrite et intéressante que Catherine.
- Edgar (Shazad Latif) est un homme fortuné qui vit avec sa fille et est tombé sous le charme de Catherine. Il est prêt à tout pour elle par amour et n’agit jamais de manière détestable. Vraiment, c’est le personnage pour qui on a le plus de sympathique dans ce long-métrage car c’est juste un homme amoureux qui fait tout pour une femme qui ne le mérite pas.
- Les évolutions qu’on suit, il y en a pas mal. Entre Isabella avec son amour pour Heathcliff, Heathcliff à travers ce qu’il a traversé de son amour pour Catherine et vice-versa, Nelly à travers ce qu’elle a subi et ce qu’elle ressent… Bref, on a réellement des évolutions intéressantes à suivre à travers ce long-métrage.
- L’introduction fonctionne sur le coté intriguant pour voir où ça va nous mener. En fait, qu’on ait l’impression d’entendre un homme qui gémit mais qui est en train d’être pendu et un coté érotique déjà poussé ici, on se demande où la réalisatrice veut réellement en venir.
- Concernant la fin, est-ce qu’on peut dire que c’est une fin méritée ? Franchement on pourrait le dire. Vu qu’on est pas très attachés à nos personnages principaux et vu comment ils ont joué avec le feu, on peut dire que c’est une fin plutôt méritée.
- Question symbolisme, ce n’est pas mal. Heathcliff pour Catherine, Catherine pour Heathcliff, Edgar et Catherine pour Nelly… Ce n’est pas parfait mais il y a des éléments de symbolisme qui fonctionnent réellement.
- Soyons honnêtes, Jacob Elordi et Margot Robbie ont des bonnes performances. Autant on ne croit pas à leur couple, autant la plupart des acteurs, surtout les principaux, s’en sortent très bien dans leur rôle.
- Autant la mise en scène est discutable, autant le travail des lumières et de certaines couleurs est efficace. Il y a vraiment certains plans où la lumière est très bien gérée et les couleurs sont intéressantes.
- En dehors de la musique d’introduction, la plupart des musiques sont pas mal. C’est un détail mais certaines musiques restent réellement en tête lorsqu’on les entend pour la première fois.
- Pour les costumes, ils s’en sont bien sortis et ça se sent. Quand on voit les différents costumes proposés, c’est qualitatif et ça arrive bien à définir chacun des personnages et leur situation.
- Il est vrai que la photographie est bonne. La plupart des images sont réellement belles visuellement et c’est réellement beau à voir. C’est peut-être la meilleure qualité du film.
- En dehors de quelques moments, notamment avec quelques fonds verts, ce sont des décors pas trop mal. Vraiment, c’est un détail mais la plupart des décors sont pas mal.
Négatif
- C’est dingue de voir à quel point la plupart des personnages sont détestables ou oubliables. Que ce soit Isabella (Alison Oliver) qui a une personnalité très étrange et un peu énervante (même pour une adolescente) ou le père de Catherine (Martin Clunes) qui est juste un ivrogne malheureux, pauvre et détesté par ses domestiques et sa fille (à juste titre), on a du mal à s’attacher à eux ou même à les comprendre. Mais attendez, nos deux personnages principaux aussi sont détestables. Entre Catherine (Margot Robbie) qui joue avec Heathcliff et ses sentiments en ne le respectant pas malgré que ce soit son ami (plutôt son animal de compagnie selon certains de ses dires) et Heathcliff qui est devenu un bel enfoiré avec le temps qui a passé, autant vous dire qu’on ne s’attache à aucun de nos deux protagonistes.
- Est-ce que la dimension érotique était réellement nécessaire ? Non mais vraiment, il y a une frustration sexuelle qui doit se dégager ici ? C’est une obligation ? Quel est le rapport entre l’érotisme et Les Hauts de Hurlevent ? Il n’y en a aucun. Franchement, cette dimension sexuelle était dispensable, espérons qu’elle n’a pas été rajoutée juste pour attirer le public parce que narrativement il n’y a pas grand-chose à en tirer.
- La relation est inintéressante entre les deux. Certes, ça veut parler du coté toxique de certaines relations et donc de certaines dépendances en voulant faire souffrir l’autre au maximum pour se venger, mais ce n’est pas intéressant. Et le fait de faire ça avec Les Hauts de Hurlevent en tant que base n’aide pas à rendre la relation plus intéressante, surtout quand ça se limite à la toxicité et la vengeance.
- Autant nos deux acteurs principaux s’en sortent bien, autant quelques uns ont du mal dans les acteurs secondaires. Par exemple, Martin Clunes fait bien le vieux mendiant malade mais, lorsqu’il était encore un peu distingué, il n’arrive pas à convaincre.
- Les décors sont convaincants mais certains ont plus de peine à nous convaincre. Par exemple, si on prend le moment où Catherine entend la discussion des servantes et qu’on la voit de l’extérieur, le décor fait un peu faux sur ce passage.
- L’émotion est mauvaise, mais réellement mauvaise. Aucun moment ne nous touche réellement, aucun moment ne nous impacte pour nos personnages. Si ce long-métrage voulait nous investir émotionnellement, c’est raté.
- La tension est inexistante. C’est un détail mais on a jamais réellement peur pour n’importe quel personnage que ce soit, même quand ils sont en danger. En même temps, quand on arrive pas à s’attacher à eux.
- L’alchimie entre nos deux personnages principaux est inexistant. Ils ont beau bien joué, on arrive jamais à croire en une alchimie entre eux, à tel point qu’on se demande si leur amour est vraiment sincère.
- Les effets spéciaux sont moindres mais il y a des moments où on les repère bien. Ca se voit notamment avec certaines fonds verts qui sont réellement trop voyants, pour 2026 quand même…
- La musique d’introduction est bizarre. Vraiment, de toutes les musiques du long-métrage, c’est la seule qui nous fait déjà sortir de l’histoire en elle-même, c’est un peu bizarre tout de même.
- La mise en scène est plate. Certes, il y a quelques idées à deux ou trois petits moments mais la majorité de la mise en scène est plate et ça se ressent pendant tout le long-métrage.
!!! PARTIE SPOIL !!!
Nelly qui se fait virer par Catherine mais garde sa place en prévenant Edgar, logique. En fait, vu le traitement de Nelly par les autres domestiques de Catherine et de son père au début, on comprend qu’elle fasse tout pour préserver la relation entre Catherine et Edgar. Vu qu’avec lui, elle est bien considérée, elle est heureuse et elle voit que Catherine est aussi heureuse, comme si elle voulait lui empêcher de retourner à une relation toxique avec Heathcliff.
Isabella a tout de même une étrange transformation. Elle tombe sous le charme d’Heathcliff et, malgré les conditions qu’il lui dit, elle accepte de devenir son gentil toutou et lui obéit sans poser de questions (comme lui a été celui de Catherine). Il n’y a qu’un passage où elle prend les devants et exige de la « gentillesse » de lui à son égard (ce qui doit parler de s*x* vu le propos derrière).
Petit mot sur le coté adaptation qui est réellement un carnage. La plupart des personnes ayant lu le livre n’ont rien retrouver de ce qui faisait la force et le récit du livre. Franchement, même si l’adaptation ne doit pas être un bête copié-collé du roman, c’est vrai que cette version semble être à des années lumières du livre et ça n’aide pas.
Question morts, on a le père qui mourra hors-champ avec Catherine qui en profitera pour le frapper, preuve qu’elle le détestait malgré les apparences et Catherine qui mourra à la fin, sûrement une conséquence de ses actions avec Heathcliff. Il n’y a pas grand-chose à en dire si ce n’est que ce sont des morts un peu méritées pour chacun des deux.
Au final, Hurlevent essaye d’être une version modernisée du roman qu’il adapte mais sans en avoir compris le sens, le propos et la narration. Le coté 50 nuances de Grey rajouté pour cette dernière version ne rend pas le visionnage plus agréable ou plus intéressant pour autant. On a beau avoir quelques beaux plans, des acteurs principaux investis et un peu de symbolisme correct, ça ne suffit pas. La relation est inintéressante, la mise en scène est plate, la dimension sexuelle était largement dispensable, la majorité des personnages sont détestables et l’émotion ne fonctionne jamais. Margot Robbie et Jacob Elordi ont beau être des acteurs respectés (à juste titre car ils sont de très bons acteurs), ils ne suffisent pas à sauver ce long-métrage. Bref, c’est une version cinématographique à éviter au cinéma car l’ennui prendra rapidement de l’ampleur et l’investissement dans le visionnage sera difficile.