Hurlevent, nouveau film d’Emerald Fennell, réalisatrice de Promising Young Women que j’avais plutôt aimé à sa sortie, et de Saltburn que, pour le coup, j’avais détesté car il regroupait tout ce que je déteste dans le cinéma : mise en scène tape-à-l’œil, scènes faussement subversives… Ça se regarde filmé tout en se disant : « t’as vu comme je fais du cinéma, t’as vu comme j’ai pas peur de montrer du sexe… ». C'était un film pour ados, après 17 ans impossible d’aimer ce film ou de trouver ça cool.
Eh bien Hurlevent, c’est la même chose, et donc c’est atrocement nul. Ce n’est même pas nul rigolo comme un nanar, c’est aussi agaçant et inoffensif que Saltburn.
Hurlevent, ça raconte quoi ? C’est l’histoire d’un amour impossible entre deux âmes tourmentées…
Alors déjà, premier point : l’adaptation du chef-d’œuvre d’Emily Brontë. Pour le coup, moi je ne suis pas de ces gens qui veulent qu’une adaptation au cinéma soit ultra fidèle à l’œuvre originale. Justement, je préfère quand le réalisateur ou la réalisatrice s’approprient l’œuvre. Donc là-dessus, pas de souci. Mais là, il n’y a rien en fait. Emerald Fennell a totalement dévitalisé le livre d’Emily Brontë. C’est affligeant de nullité. Tout est ultra simplifié, il n’y a plus aucune noirceur, plus aucune complexité.
Et pour le reste, c’est toujours aussi faussement subversif et totalement inoffensif que Saltburn. Ça en fait des caisses pour tout sur-esthétiser, mais ça n’a aucune signification, aucune complexité : c’est d’un vide abyssal. Même les scènes de sexe, qui pourraient être le seul attrait du film pour les gens qui cherchaient un film un peu sexy pour la Saint-Valentin, n’ont aucune sensualité, il n’y a rien.
Pourtant, il y a à la base un chef-d’œuvre de la littérature, deux super acteurs (pas dans ce film), des chefs de poste talentueux, des décors magnifiques, les costumes aussi, l’image est soignée et il y a beaucoup d’argent. Mais ce qu’il manque, c’est un réalisateur talentueux, intelligent et qui veut raconter quelque chose, et pas juste faire un film instagrammable. On dirait qu’elle a peur de lâcher les chevaux dans la folie des personnages, alors qu’elle en a la possibilité à plusieurs moments. Le film pourrait alors avoir une ou deux séquences intéressantes. Seule la scène d’intro fonctionne et laisse un peu d’espoir pour la suite. Espoir qui finit lors de l’apparition du titre au bout de 5 minutes.
Maintenant, c’est bon, j’ai compris, Emerald Fennell, c’est juste une instagrameuse. Saltburn m’avait déjà bien gonflé, j’en suis même à douter de la qualité de Promising Young Women passé le premier visionnage. Je n’ose pas le revoir.
Si vous n’avez pas lu le livre, passez plutôt une soirée à le lire plutôt que d’aller voir ce film.