J’ai essayé de voir Les Hauts de Hurlevent sans a priori, sans le comparer directement au roman d’Emily Brontë. Le film aurait pu fonctionner, mais c’est un échec.
D’abord, les personnages secondaires n’ont aucune profondeur. Edgar, Nelly et les autres sont inutiles narrativement, sans évolution ni personnalité. À part Isabella, à peine esquissée, ils pourraient être supprimés sans que l’histoire ne change.
Ensuite, l’esthétique étouffe le film. Les images sont belles mais trop lisses, la musique trop présente, et l’ensemble évoque davantage une publicité de parfum qu’un drame romantique sombre.
Le film supprime aussi des personnages secondaires pourtant essentiels dans le livre. Or le roman fonctionne précisément grâce à cette galerie complexe et aux résonances générationnelles. En les effaçant, le récit perd toute densité.
Enfin, le film finit par ne rien dire. L’amour entre Catherine et Heathcliff est censé être obsessionnel et impossible, notamment à cause de l’origine sociale et ethnique de Heathcliff. En choisissant un acteur blanc, le film dépolitise totalement cet enjeu. Il ne reste qu’un adultère mou, sans véritable conflit ni alchimie. On a l’impression d’avoir atteint la fin alors qu’il reste encore quarante minutes. Il n’y a ni message, ni tension, ni raison de continuer à regarder.