Je veux bien qu'on adapte des récits (inventés) en proposant une nouvelle interprétation (inventée), et les propositions visuelles m'ont semblé parfois intéressantes. Mais de dévier autant de l'essence du propos de Brontë, là c'est un affront moral et un coup de poignard dans son testament littéraire. Transformer la violence en désir, érotiser la violence en n'interrogeant plus du tout les rapports de domination entre les personnages, choisir précisément quelques éléments sadiques en changeant tout leur contexte pour qu'ils nous fassent désirer le personnage d'Heathcliff... wha ça m'a révolté. Ca dit beaucoup de nos rapports contemporains à l'amour, ça ne dit rien de l'œuvre d'Emilie Brontë, ça n'en déploie même pas un pan. Emerald a sélectionné des passages du livre et les a adapté à l'histoire qu'elle souhaitait raconter. Elle a vampirisé une œuvre mondialement connue et adulée pour y coller son narratif faussement edgy, qui se veut provocant mais est d'une fadeur déconcertante face à la matière radicale qu'est le roman.
Appelons ce film "My twisted dark romance", ya un public pour ça (aberrant de rater autant les scènes sexuelles d'un film qui veut nous exciter d'ailleurs, mais passons). Mais laissons Emily tranquille, la pauvre...