Dès l’annonce de la production du film, j’étais heureuse.
En bonne drama girl et grande fan du livre (on ne se cache pas ici), que j’ai lu plusieurs fois et qui m’a accompagnée toute ma vingtaine, je m’attendais donc à beaucoup… pour finalement pas grand-chose.
Il est vrai que plus jeune, l’histoire d’Heathcliff et Cathy me transportait : la torture d’un amour inassouvi, le manque, le déchirement… C’était exaltant quand on est jeune et que nos connaissances des relations humaines se limitent à celles de notre lycée. Dieu merci, j’ai grandi !
Visuellement très étoffé, j’ai apprécié le travail des lumières, les contrastes de bleu profond et de rouge sanguinolent, même si on peut lui trouver un côté pub de parfum (genre Dark Nina Ricci), qui peut être par moments étouffant. Mais n’est-ce pas le but ? Nous sommes dans un huis clos étouffé par les égos des deux personnages principaux, qui virent presque à la caricature.
Des références visuelles sont posées un peu partout, mais à mon sens, elles ne sont là que pour montrer que c’est bien gothique et horrifique, qu’on se veut héritier d’un mix Del Toro/Burton (coucou les lampes “bras” de La Belle et la Bête de Cocteau), mais sans trop se casser la tête.
La musique anachronique fonctionne bien et soutient parfaitement les émotions que l'on traverse lors du film. Les costumes eux aussi anachroniques, sont de très belles facturent et se fondent dans l'univers graphiques qu'on nous propose, même si avec tous cet ensemble cela finit par fait un peu bloubiboulga ou frootloops - à votre convenance.
Comprenez qu’il faut rapidement mettre de côté ce que vous savez de l’histoire.
Côté personnage, la grande absente est la lande. Car oui, elle est un personnage à part entière de cette œuvre — et elle n’est pas présente. C’est cette lande qui nous offre les respirations dont on a besoin dans cette histoire. Certes, on l’aperçoit sur certains plans, mais Cathy passe la majeure partie de son temps dans la maison de poupée IRL construite par son mari et la sœur de celui-ci. La lande est aussi la mère qui console ses deux héros quand ceux-ci se perdent, mais il n’y a pas de place pour elle ici.
Margot Robbie est belle, talentueuse, etc., mais étonnamment, je ne l’aime pas dans ce film.
Je n’aime déjà pas la façon dont le personnage est écrit. Il est difficile de lui trouver de la nuance, d’éprouver de la compassion. On nous vend juste un personnage arrogant, capricieux, beau et froid. On en vient presque à avoir de la peine pour Jacob Elordi, qui n’est pas le monstre que pourrait être Heathcliff, mais juste bg et… un peu fou, quoi. Où est le monstre ?
C’est d’ailleurs bien dommage de ne pas avoir la deuxième partie du livre, qui suit l’évolution du personnage vers ce destin funeste. Quoi que ce film est déja suffisamment long.
Les scènes olé-olé sont plus ennuyeuses qu’autre chose (et j’ai regardé la dernière saison de Bridgerton dans la foulée — saison 4 : on s’y amuse plus). Ça rigolait dans la salle de cinéma, composée à 80 % de filles. Même le kink “doigts” (ou mains) du film (oui, ils ne savent visiblement que faire de leurs dix saucisses) finit comme un soufflé. Quitte à ce que ce soit dérangeant, soyez le ! — et pas juste parce qu’on glisse son doigt dans la bouche d’un poisson. C’était comme regarder les pubs Instagram/TikTok dérangeantes de ces mecs qui “cuisinent” façon porn.
La romance est par ailleurs peu existante. C'est le seul élément du livre qui aurait mérité d'être présent de long en large et qui s'est aussi retrouvé à la moulinette de la réecriture. On y a accès mais par petite touche et c'est bien dommage.
Conclusion : c'est mid-subversif, mid-olé olé, mid-romantique. Limite Bella et Edward dans Twilight nous vendent mieux leurs histoire d'amour adulescente passionnelle.