Un dimanche soir, un pote à moi me propose de regarder un film bien pourri, histoire de terminer le week-end dans la bonne humeur. Mais à ma connaissance, le champ des possibilités était bien trop large, et les sites suggérants des nanars communs n'étaient pas des plus pertinents (Mettre 2012 dans la case "Nanars" ? Fourberie que ceci ! C'est bien plus que ça !). Une oeuvre particulière m'est alors venue à l'esprit. Un film de Rob Cohen, que l'industrie du cinéma avait probablement oublié suite à ses dernières créations démolies par la critique.
Il faut dire que le concept de The Hurricane Heist relève du génie absolu : un casse... au milieu d'un ouragan ! Et sans surprise, le résultat final est ironiquement sans surprise. Mais le film a inintentionnellement bien fait son job : j'ai ri. Beaucoup ri.
Il faut dire que les 5 premières minutes annoncent très bien la couleur. Une scène clichée avec des enfants assistant à la mort "tragique" de leur papa durant un ouragan. Entre l'immonde doublage français et l'anéantissement total de tout principe physique, le film a l'audace de nous montrer un ouragan qui prend la forme d'un crâne après que le père de famille se soit fait broyer par un réservoir à eau, de quoi susciter une vive réaction chez moi et mon pote, mais probablement pas celle escomptée par Rob Cohen. Et là n'est qu'un cas isolé parmi tant d'autres. Des moments absurdes, The Hurricane Heist en regorge, créant constamment des réactions allant du "Ahahahah !" au classique "What the f*** !". On pourrait citer la scène antologique où Toby Kebel tue un méchant en lançant des jantes de voitures qui sont emportées par le vent. Sublime, absolument sublime !
Et je n'ai pas encore cité les incohérences croustillantes telles que l'ouragan qui bouge et retourne des voitures mais est visiblement incapable de faire bouger un humain d'un pouce.
Il est aussi nécessaire de mentionner les effets spéciaux dont la qualité varie durant toute la durée du film. On passe de la tromperie la plus totale tant les effets sont convaincants à du clownesque absolu (les doublures en numériques, la tempête en carton). A ce niveau-là, la course-poursuite finale est des plus réjouissantes. Entre les camions verts plus fake que jamais et la mort hilarante du méchant qui a probablement fait se retourner dans sa tombe Isaac Newton, on en a clairement pour son argent.
Mais malgré ces éclats de rires bienvenus, le film est relativement ennuyeux. C'est un schéma classique de film de casse avec rien de neuf à proposer. Le concept de larcin durant un ouragan est très mal exploité et les clichés du genre "Gnahahah ! Je suis un agent du gouvernement mais comme j'en ai marre de mon salaire trop bas et de ma retraite condamnée, je vais vous trahir pour prendre tout l'argent ! Gnahahah !" fatiguent. Et ce ne sont pas les acteurs qui feront pencher la balance du bon côté. Toby Kebel est inexpressif (le pauvre, il jouait mieux quand il incarnait un chimpanzé pyschopathe dans La Planète des singes) et Ralph Ineson surjoue dans son rôle de méchant cliché. Le reste du casting est tout autant oubliable. Même la petite Maggie Grace m'aura laissé totalement indifférent. Cependant, je me suis délecté de son interview pour la promotion du film où elle souligne comme les femmes sont mises en avant et comme des rôles importants leur ont été attribué. Ma chère Maggie, ouvre un peu les yeux : tu as beau jouer une agente de sécurité badass, ta collègue qui partage l'écran avec toi joue le rôle d'une hackeuse qui se dandine dans une robe moulante avec des talons hauts et armée d'un pistolet TURQUOISE ! Bravo ! Franchement bravo !
Cet étrange mélange entre Into the storm et Fast and Furious n'aura certes par révolutionné le genre, mais il aura au moins eu le mérite de me faire sourire naïvement. Suffisamment pour me faire commencer la semaine en pleine forme. Voilà quelque chose de bien !