I Comete est un film de souveraineté insulaire tant par son dispositif, nous plaçant en témoins de ces tranches de vie qui n’attendent rien de nous et qui, placées à la suite les unes des autres, composent une fresque de la Corse contemporaine, que par la représentation des relations entre les hommes et les femmes synonymes, paradoxalement, d’épreuves de la solitude suivant l’idée que chaque individu est une île en soi vivant, dans le cas corse, sur une île. La plupart des dialogues interrogent d’ailleurs la notion de « souveraineté » dans les deux langues, font échos à l’actualité politique sans toutefois l’ériger en sujet d’un récit qui toujours se dérobe ; le paradoxe tient alors à l’adoption d’une forme contraignante et fermée (le plan séquence fixe) pour figurer l’indépendance et la liberté, valeurs rappelées par les chansons des enfants et des adolescents. Cette ambivalence s’observe aussi sur le plan des comédiens, mélange d’amateurs et de professionnels, ainsi que sur celui du va-et-vient entre l’improvisation (limitée) et l’interprétation d’un texte verrouillé, occasionnant un écart parfois artificiel. Nous reprocherons au long métrage sa longueur ainsi que ses outrances visuelles données comme provocations faciles par un réalisateur démiurgique, tout à la fois réalisateur, acteur, scénariste et monteur. De très belles séquences compensent ces déséquilibres.