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« À force d’incarner des personnages, il a fini par en devenir un »

T’as inventé la flûte ? Qu’est-ce que t’as fait avec ton cou ?

Raphaël Quenard obtient un César, il devient outrecuidant, il délaisse ses amis et il se fait quitter par sa petite amie. Une nuit, il rêve qu’il est un condor, donc il entreprend une quête spirituelle au Pérou.

Le cinéma, c'est pas fait pour toi !

I Love Peru, la récente création cinématographique co-dirigée par Raphaël Quenard et Hugo David, se déploie comme un objet filmique d'une rare originalité, un spécimen hétéroclite qui défie les catégorisations traditionnelles et exhorte le spectateur à une expérience de visionnage résolument peu commune. Loin des sentiers battus de la production contemporaine, cette œuvre s'affirme par son caractère résolument barré et sa témérité formelle.

Un acteur sans spectateurs, c’est juste un type qui parle tout seul 

L'Éclat Verbal d'un Esprit Non Conformiste

Au cœur de cette proposition cinématographique, la verve naturelle et le bagout inimitable de Raphaël Quenard opèrent comme une force centrifuge, captivant l'attention dès les premières minutes. Son phrasé particulier, sa gouaille inimitable, confèrent à chaque échange une dynamique imprévisible et une authenticité déroutante. L'acteur, dans une performance d'une hardiesse stupéfiante, débite des apophtegmes tantôt poétiques tantôt philosophiques, distillés avec une désinvolture qui confine au génie. Cette logorrhée verbale, loin d'être vaine, façonne le caractère du film, le dote d'une identité sonore et sémantique qui le distingue avec panache. L'autodérision de l'interprète est d'ailleurs un fil conducteur, une forme de lucidité mordante qui permet au film de naviguer avec légèreté dans les eaux parfois tumultueuses de l'ego et de la superficialité médiatique.

Quenard, toujours pédophile ?

Une Provocation Subtile et une Profondeur Inattendue

Ce qui frappe avec une force particulière dans ce métrage, c'est sa capacité à transgresser les limites du bon goût avec une adresse déconcertante. Le film se permet des incursions dans des territoires où peu osent s'aventurer, s'autorisant parfois des plaisanteries sur des sujets d'une gravité patente, tels que le viol ou la pédophilie. Cette propension à être délicieusement malsain démontre que le film va très loin dans la provocation et dans l'humour noir, comme en témoigne par exemple cet instant où le protagoniste achète un fusil pour dégommer du condor. Cette audace, loin d'être gratuite, est un catalyseur qui stimule la réflexion et interroge les frontières de l'acceptable, forçant le spectateur à une introspection sur ses propres limites.

I ❤️ Condors 

Au-delà de cette farce transgressive, le film s'avère être également une réflexion sagace sur la solitude et l'image. Le périple du personnage, empreint d'une quête existentielle, met en lumière les affres de l'isolement et la distorsion entre la perception publique et la réalité numineuse de l'être. C'est une méditation espiègle sur le décalage entre la célébrité et l'intimité, entre la façade médiatique et les tourments de l'âme.

N’ai plus peur du vide car c’est là que demeurent ceux qui volent 

Bref, il s'impose comme un film originalement expérimental, une œuvre qui, par son originalité disruptive et sa liberté de ton, parvient à la fois à faire rire, à choquer, et à susciter une réflexion profonde. C'est un jalon cinématographique qui marquera les esprits par son effronterie et son intelligence, offrant une expérience véritablement révérencieuse pour ceux qui osent s'aventurer hors des sentiers balisés.


Trilaw
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le 26 juil. 2025

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