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le 12 juin 2026
SuivreICK - Par Mlle Latino
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Sympa ! Et particulier.
La mise en scène de Kahn, j'ai un peu de mal. Mais j'ai adoré son film sur Eminem. J'y ai trouvé le rythme adéquat, parfait. Ce film-ci marque un retour en arrière avec un montage hyper soutenu qui n'est pas sans rappeler du Tony Scott ou du Jean Marie Poiré (et vu que Kahn a débuté au cinoche avec un teen movie assez régressif, je serais pas surpris s'il avait vu au moins les visiteurs en Amérique). Son Detention m'avait exaspéré mais je suis prêt à lui donner une seconde chance maintenant que j'ai vu et apprécié ce Ick. Même Torque je veux bien le revoir.
Le film s'ouvre sur une séquence de vie hyper expédiée, 15 minutes durant lesquelles on découvre un peu plus de 30 années de vie d'un mec qui aurait dû être une star. L'occasion pour le réalisateur de s'amuser comme un petit fou, tourner de courtes scènes à la manière d'un clip, toujours avec des morceaux issus des années 90-2000. Mais ça ne s'arrête pas là. Même quand l'histoire débute, on reste bloqué dans une forme de nostalgie auditive : la pop rock des années 2000 hante les personnages. Le visuel est globalement réussi : une photographie assez efficace (le rythme oblige cette lisibilité), de belles ambiances, une caméra qui va dans tous les sens, le contraire d'un produit Netflix en somme. Les CGI sont pas toujours bien foutus, mais ça n'empêche pas un effort sur les textures et encore moins un design assez cool de ces branches (et des zombies végétaux). Les acteurs sont bons. Pas des grosses têtes, à part la dulcinée du héros (d'ailleurs un plaisir de la revoir durant teenage dirtbag), mais ça joue bien. Et puis Kahn s'amuse bien avec les costumes et coupes de cheveux, surtout pour représenter les années 2000. Le tout est hyper généreux et rythmé. Bon, quelques chutes de rythmes, plusieurs scènes finissent par un fondu au noir, drôle de choix alors que le réalisateur n'hésite jamais à expérimenter des transitions bizarres.
Le récit comporte des trous, mais on va dire que c'est par souci philosophique mais aussi pour passer un message ; ainsi, si personne ne semble avoir jamais vraiment analysé ces branches ni fait quoi que ce soit (encore que, c'est juste peut-être que les gens ne savent pas, soit parce qu'on leur a caché soit parce qu'ils s'en sont toujours foutus), c'est sans doute pour mieux montrer à quel point les gens sont enfermés dans leur petit monde individuel. Et puis on peut dire que ces branches incarnent les problèmes qu'on ne veut pas régler, qu'on met sous un tapis jusqu'à ce que ça nous pète à la gueule.
Kahn ne s'arrête pas là : il en profite pour critiquer la gestion de crise du Covid. C'est moins développé que dans le film d'Ari Aster mais c'est sans doute plus efficace. Kahn critique aussi les politiciens, les médias, les gens, tout le monde en fait, face à une crise. Mais aussi la politique pour la gueguerre perpétuelle entre les deux extrêmes. C'est assez osé quand même, pour un film de ce genre, d'aller si loin. Pas si osé dans le sens où il tape sur tout le monde. Mais c'est quand même une période délicate durant laquelle beaucoup de cinéastes préfèrent rester discrets.
Quant au scénario, s'il est assez dense dans un premier temps, s'avère assez léger en fait. Mais intéressant. Parce qu'il change la dynamique. Il y a une love story par exemple, mais elle n'est pas au centre de l'histoire, à la place, c'est un désir de paternité, comme pour se raccrocher au passé (ce qui n'est pas forcément une bonne chose en fait, mais en même temps ça permet de donner un sens à la vie d'un homme qui n'a jamais su trop quoi faire une fois son rêve de footballeur brisé). Il y a de beaux moments, car les personnages sont intéressants et l'entité menaçante permet de bien développer les différents thèmes. C'est très drôle et bizarre. Comme le fait qu'après un affrontement musclé... tout le monde fait comme si de rien n'était en sachant que la menace est toujours bien présente (même pas cachée d'ailleurs), c'est tellement fort. Le final est intéressant. J'aurais p'tet préféré que ça se termine sur cette tour, laissant supposer un dernier sursaut avant que l'entité n'en finisse la nuit suivante. Mais Kahn opte plus pour un final philosophique : il faut pouvoir vivre en gardant en tête les problèmes, ne pas les écarter. Ainsi donc, tout le monde s'adapte, la vie ne sera plus comme avant, mais au moins ils savent gérer cette présence. C'est aussi un film écolo en fait ? Enfin l'entité pourrait représenter n'importe quel problème, mais j'ai envie d'y projeter l'écologie au vu des dégâts.
Bref, un film sans doute pas parfait, mais assez fun et généreux, et malin.
PS : c'est fou ce que ce film est passé inaperçu alors que beaucoup ont adoré Detention et que Ick amrque le retour à l'horreur du réalisateur.
Créée
le 4 août 2026
Critique lue 13 fois
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