Deux vieux ermites vivant en forêt voient leur quotidien bouleversé par l’arrivée d’une octogénaire internée pendant 60 ans. Dans Il pleuvait des oiseaux, Louise Archambault, la réalisatrice de Gabrielle, manifeste à nouveau son intérêt pour les amours atypiques. Le film est une véritable célébration de la vie et de l'amour, à travers des personnages qui ont choisi de se retirer du monde pour des raisons diverses. Poésie et humanisme sont au rendez-vous dans une histoire à plusieurs intrigues (l'une d'entre elles est cependant inutile, avec la photographe et l'hôtelier) qui évolue lentement mais avec une grâce naturelle dans l'écrin splendide de la forêt et d'un lac du nord du Québec. Souffrances héritées du passé, liberté loin de la civilisation, respect des choix des autres : ce cinéma-là, dénué de cynisme ou de violence (quoique), témoigne d'une sensibilité et d'une délicatesse rares. L'interprétation est remarquable avec trois monstres sacrés du cinéma québecois : Andrée Lachapelle (décédée en novembre dernier), Gilbert Sicotte et l'incomparable Rémy Girard.