L'usure du couple est le sujet de la comédie. Les époux Jill et Larry Baker, prisonniers de la routine conjugale, n'ont plus grand' chose à se dire hors quelques politesses courantes. Jill est séduite par un pianiste ombrageux et envisage le divorce.
Le sujet offre à Lubitsch de la matière à son impertinence subtile et à ses sous-entendus audacieux. La crise du couple Baker, sous l'apparence de la comédie, n'en invoque pas moins les réalités du mariage suivant une dialectique contournant aimablement le puritanisme américain.
Cependant, hormis quelques réparties savoureuses, le scénario, autour du trio classique mari-femme-amant, ne propose pas de situations véritablement amusantes, astucieuses ou singulières. Il faut dire que le personnage austère de l'amant pianiste fait une figure de comédie et de marivaudage plutôt faible et que son interprète, Burgess Meredith, ne lui donne pas beaucoup de valeur ajoutée.
Les meilleures séquences sont en définitive les chamailleries entre Melvyn Douglas et Merle Oberon, ces époux sur le point de rompre mais dont on sait bien -eux aussi probablement- qu'ils s'aiment encore.