L'inconvénient majeur quand on est fan du genre, c'est que les différentes recettes ont été tellement éculées au fil des décennies qu'il devient de plus en plus difficile de nous surprendre. Deux options s'offrent alors au réalisateur en herbe : inventer une toute nouvelle approche (ce qui n'est clairement pas à la portée de tous) ou se servir de nos réflexes de spectateurs pour mieux nous piéger. Soit la méthode choisie par Caleb J. Phillips sur Imposters.


Difficile en effet, dans un premier temps, de se passionner pour ce qui ne semble être qu'une énième resucée, certes professionnelle dans son traitement mais sans aucune aspérité, d'un scénario classique de la folk horror : une gentille petite famille bien sous tous rapports quittant la ville pour s'installer à la campagne ; la disparition inexpliquée du bébé ; son retour tout aussi mystérieux après une escapade dans les bois inquiétants bordant la propriété ; la certitude de plus en plus grande qu'il ne s'agit pas du vrai nourrisson... Jusqu'à la survenue d'un retournement inattendu, d'autant plus habile que l'effet de sidération qu'il provoque ne vient pas tant du changement total de genre qu'il fait subir au long-métrage, mais de la prise de conscience que le spectateur s'est lui-même piégé avec ses certitudes. Et l'œuvre de basculer alors dans une horreur de plus en plus frontale, jusqu'à carrément virer au jeu de massacre caustique dans un climax qui passe à la sulfateuse l'image de la famille américaine traditionnelle, nous jetant en pleine face l'hypocrisie et la lâcheté derrière le bonheur soi-disant parfait. Un vrai point de vue qui évite à Imposters de se vautrer dans l'erreur du film de petit malin n'ayant rien à proposer au-delà de son concept.


Et en prime, c'est toujours un vrai plaisir de retrouver à l'écran la ravissante Jessica Rothe (la Tree des sympathiques Happy Birthdead), dans un rôle taillé sur mesure où elle peut pleinement laisser s'exprimer sa palette de jeu, de l'épouse aimante à la mère endeuillée en passant par la guerrière impitoyable.

Little-John
7
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il y a 7 jours

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