Infidèle est le remake amerloque du film franchouillard « La femme infidèle » de Claude Chabrol en 1969 avec Stéphane Audran dans le rôle de la femme adultère et l’excellent Michel Bouquet dans celui du cocu…
Ici cependant, Richard Gere en homme trompé ne s’avère pas très à l’aise : il semble éloigné de son personnage, voire carrément absent par moments : il faut dire que Bouquet avait placé la barre très haut dans l’intensité et la douleur contenue du mari trahi en dépit de la mise en scène très soporifique de l’endormi Chabrol.
Par contre, Diane Lane se révèle totalement dans son personnage de femme victime d’une passion inextinguible… pour un étalon plus jeune qu’elle, en l’occurrence (afin de plaire au public américain) un « french lover » et un vrai parisien émigré…! joué par l’acteur français Olivier Martinez passé en coup de vent dans moult productions hollywoodiennes de cette période : il est un peu cave, beau gosse mais surtout un cliché ambulant…
Le film d’Adrian Lyne reste en tout cas fidèle dans les grandes lignes à l’original, y compris jusqu’à la même fin ambigüe mais a développé la relation entre l’épouse infidèle et son amant, une partie injustement escamotée du film français. Le film américain a également ajouté un chiard de 9 ans, une tronche à baffes insupportable de débilité dont les parents sont complètement gagas et abrutis (ils mériteraient des baffes eux aussi, on dirait des vieux séniles avec leur clébard).
La mise en scène n’a rien à voir avec le film lymphatique de Chabrol, ce qui ne signifie pas qu’il est exempt de longueurs hélas, surtout au début et à la fin… mais après la purge chabrolienne, on a presque l’impression de voir un film d’action ! d’autant que la belle Diane donne de sa personne même si le film suggère bien plus qu’il ne montre.
Finalement, l’histoire d’origine certainement intéressante n’a pas débouché sur quelque chose de satisfaisant : le remake est lent et manque de profondeur (même avec Diane !…) et à part Diane Lane justement, les comédiens sont à la masse. A contrario les acteurs français étaient brillants (même Maurice Ronet dans le rôle de l’amant !) mais noyés dans la réalisation laxative et l’ambiance typique des ‘téléfilms’ sous Prozac de Chabrol.
A tout prendre en tout cas, le remake Infidèle l’emporte évidemment haut la main mais n’en reste pas moins.. hélas trop moyen pour vraiment convaincre.