La guerre est un drame où les gens se tuent alors qu'ils ne se connaissent pas (....)

La guerre est un drame où les gens se tuent alors qu'ils ne se connaissent pas, au profit de bâtards qui eux se connaissent, et ne se tuent pas !


J'avais vu ce film à sa sortie mais bon sang, plus moyen de retrouver mes notes ! Il m'avait fait une très forte impression à l'époque, et après tout, Tarentino avait bien mis plus de dix ans avant d'achever ce scénario !

. (...)

Film tout à fait conforme à mes goûts et où Il doit y avoir du sport, car on voit que c'est la chaîne "l'Equipe" qui l'a mis à son catalogue de projection !

Pour le situer dans son époque, l'année 2009 était un excellent cru pour le cinéma : à ceux qui jugent que la qualité d'un film ne peut pas s'évaluer en fonction de la réceptivité du public, j'objecterai que sans producteurs, c'est à dire sans financiers, aucun film ne pourrait se faire car un film, c'est comme le Casino : miser sur le bon numéro peut faire de vous un homme riche, où vous mettre sur la paille !

558 films étaient sortis cette année-là en France, chiffre dans la moyenne, mais le rush des spectateurs lui était notable puisqu'il qu'il y avait eu 201,51 millions d'entrées en salles, soit la plus forte hausse de fréquentation depuis 27 ans...

Ce film-ci est le septième des dix films de l'américain Quentin Tarantino (1963/----) sur la période de 1992 à 2019. Ne cherchez pas : il n'y en aura plus d'autres.

Son testament était du reste de se limiter volontairement à ce nombre..

Il est ici au sommet de son art, et ce récit en chapitres constitue un bijou de superproduction avec un casting aussi long qu'un Bottin mondain de jadis, même si ce n'est pas celui qui aura fait sa plus forte audience : en l'occurrence "Django Unchained" qui succèdera à la huitième place...

Dans l'escarcelle, un budget de 70 000 $ ce qui permet de ne pas lésiner, avec à la clé une métamorphose en jackpot mondial de 403 564 744 $ soit un retour sur investissement fabuleux de 577 % !

En France lors de sa sortie, ce film aura séduit 2 847 740 spectateurs dont 798 578 à Paris, avant retrait des circuits de distribution , mais loin du podium hexagonal (son titre ?) : à la treizième place du Box Office, dominé par Avatar (que je n'ai pas vu) et ses presque 15 millions d'entrées...

Tarantino était-il resté le même avant qu' après ce triomphe mondial ?

Un film qu'il mijotait depuis longtemps sur la seconde guerre mondiale.

Il avait à son arc les flèches de réalisateur, scénariste, producteur, acteur et écrivain, et il lui arrivait de faire des caméos comme Hitchcock....

Au début, ici, l'idée était de faire un genre de western-spaghetti évoluant au fil du temps de sa conception : aucun prisonnier dans cette guerre, mais la mort pour les vaincus ! Et leur scalp en trophée ou pire : l''incision sur le front d'une croix gammée : l’emblème nazi !

Sadisme ?

Les idées affluant, Tarantino avait mis du temps pour clamer enfin "moteur" pour cette œuvre....

Inutile d'en lire le scénario à l'avance, l'histoire se suit sans complication comme un long fleuve pas tranquille, et même si elle se déroule en chapitres : Tarantino aimait les films à sketches...

Je vous les dévoile sans les commenter, préférant faire un script plus concis : résumer ce film est en effet une gageure !

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1) il était une fois une France occupée par les nazis (en 1941)

2) Inglourious Basterds

3) Une soirée allemande à Paris

4) Opération Kino

5) Vengeance en gros plan

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Ceux qui me lisent savent que j'accorde beaucoup d'importance à la traduction en français du titre d'un film, comme les québecois pour celui-ci qui l'ont décliné en "Commando des Bâtards" ...

En fait littéralement "Bâtards sans gloires"...

Les deux erreurs volontaires du titre anglais avaient été voulues par Tarantino ajoutant un "U" et transposant un "E" au "A" afin d'offrir une déclinaison artistique et poétique de l'appellation...

Qu'il dit !

A moins qu'il n'ait voulu créer une énigme, un mythe ...car il n'en expliquera rien.

Un mystère qu'il qualifie lui-même de « Touche à la Basquiat » !

En réalité, le titre se veut un hommage au long-métrage de guerre italien "The Inglorious Bastards (1978)" d'Enzo G. Castellari " Une poignée de salopards" en français. et ce sans courir le risque de procès pour plagiat...

Mais d'autres bruits courent ! La nature a horreur du vide...

Une autre particularité, peu soulignée de ce film est de céder dans son scénario à "l'uchronie" !

Ça vit dans l'eau ?

Non, mais son thème constitue en une modification temporale d'un exposé où, à partir d'un moment réel, une digression fictionnelle vient complètement changer l'histoire réelle de départ ... Amusant clin d’œil apporté par Tarentino à l'Hisoire, car au-lieu de crever comme un rat dans son blockhaus souterrain à Berlin, Hitler meurt ici dans un cinéma lors de la projection, devant Goebels et tout son Etat-Major nazi, d'un film de propagande destiné à le présenter comme un héros sauveteur du monde !

Mais que se passe-t-il donc dans ce récit passionnant, touchant, sanglant, stupéfiant ? Moteur :

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"Tout le film se déroule autour des thèmes du cinéma et de la seconde guerre mondiale...

Chef allemand de la propagande d'Hitler, Goebbels après l'envahissement de la France, avait complètement pris en charge sa communication et notamment encadré les films de cinéma...

En 1941 : un colonel SS (phénoménal , éblouissant de réalité Christoph Walz) chasseur de juifs, pénètre dans une maison, et avec force amabilités pour son propriétaire agricole (superbe Denis Ménochet mais dans un rôle court-Johnny Hallyday l'avait refusé-) l'amenant à avouer, et sans tortures, que sous leurs pieds dans la cave, il cachait des réfugiés juifs... L'escouade allemande les mitraillera à l'aveuglette à travers le plancher...

Le colonel verra une jeune fille survivante : Shosanna, ayant échappé au génocide, s'enfuir en pleine campagne, mais tirera trop tard... (stupéfiante Mélanie Laurent, le plus beau rôle de sa carrière ! Je ne sais pas comment elle a été approchée)

Bien plus tard, Shosanna, et sous une autre identité, ayant hérité du Gamaar, un cinéma de Paris, juchée sur une échelle pour changer les lettres du titre d'un film au frontispice de l'entrée, voit apparaître Zoller, un soldat SS féru du genre et héros proche de Goebbels, le convaincra de choisir l'établissement pour le lancement d'un film à la gloire d'Hitler, et avec tout son État-major sinon le führer lui-même qui seront présents... Une cible rêvée pour la Résistance...

Shosanna décidera avec son projectionniste, de cramer dans son cinéma tous ces dirigeants nazis dans un gigantesque incendie : les films dont les pellicules étaient constituées de nitrates, étaient hautement inflammables à l'époque (comme dans le film : Cinema Paradisio)

Tandis que se fomente et indépendamment de celui-ci, le même meurtre, dans le même cinéma, par un commando de huit soldats juifs-américains rôdes à terroriser les soldats allemands.

Tuant sauvagement et sans pitié les envahisseurs, ne faisant aucun prisonnier, utilisant des méthodes furtives et horribles et comme les Apaches : les scalpant !

La double épopée va--elle réussir ?"

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On peut parler de gigantisme dans un film où est disproportionné, et dont Tarentino disait lui-même que c'était sa meilleure réussite scénaristique : on est vraiment captivé par cette projection, notamment celles jouissives où les SS vont payer peut-être cher leurs crimes, ou d'autres plus angoissantes pour les défenseurs de la Patrie !

Un film rare, qui ne pouvait qu'être accompagné d'une musique étonnante, parfois éclectique, mais encore aussi envoûtante que le générique : "The Green Leave of Summer"

Du grand art...

Rare !

Et, tout comme pour mes critiques, il y a eu de nombreuses corrections apportées à ce film par Tarentino lui-même : additions de scènes, ou suppressions pour ne pas vexer la présidente du jury de Cannes, ou encore pour faire plus court...158 minutes sur la version que j'ai vue mais on ne les voit pas passer !

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L'Equipe 18.05.2025

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le 17 mai 2025

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