Devenu très amateur de PTA depuis "Punch-Drunk Love" et "There Will Be Blood" (contre toute attente, après les dérives pompeuses dans les deux sens du terme des surcotés "Boogie Nights" et "Magnolia" qui suaient le bon élève démesurément ambitieux de Scorsese et Altman), j'espérais beaucoup de cette adaptation du néo-noir 70s décalé de Thomas Pynchon "Vice caché" et l'approche du cinéaste américain ne m'a pas déçu, avec Joaquin Phoenix comme un poisson dans l'eau en détective stoner parano et un casting aux petits oignons (mama, même l'excellente Joanna Newsom en narratrice potentiellement fantasmée).
En parlant d'Altman, il y a quelque chose du "Privé" ici mais en nettement mieux digéré qu'à l'époque où "Magnolia" plagiait éhontément "Short Cuts" avec une pluie de grenouilles à la place du tremblement de terre comme élément fédérateur : un esprit d'embrouillamini sur fond de contreculture qu'Anderson pousse par ailleurs dans ses retranchements de psychédélisme et de confusion, le scénario labyrinthique étant volontairement très difficile à suivre et multipliant les storylines parallèles de relations toxiques dans la grande tradition des obsessions du cinéastes, y compris celle du protagoniste avec sa copine qu'il trompe et qui semble mêlée à l'histoire de trafic de drogue international sur lequel il enquête entre deux fumettes.
Particulièrement intrigant, pictural et maîtrisé sous ses apparences de slacker Big-Lebowski-esque (le Coen étant bien sûr tout aussi maîtrisé, on en reparlera dans quelque temps dans cette liste #600favoritefilms), un film que j'ai hâte de revoir depuis ma découverte du chouette "Une bataille après l'autre" tant il semblait déjà, 10 ans plus tôt et avant l'arrivée de Trump au pouvoir, faire écho au chaos d'une Amérique plus contemporaine que celle de son récit...