Insiders est un thriller très divertissant. Le film commence comme une histoire de braquage assez classique, avec plusieurs hommes armés entrant dans une banque de Valence sous une pluie battante, mais il devient rapidement évident que personne ne dit toute la vérité et que l’argent n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus important dans le coffre.
La tension apparaît parce que le plan commence presque immédiatement à échouer. La pluie inonde le tunnel prévu pour la fuite, la police encercle le bâtiment et les soupçons grandissent à l’intérieur. Les braqueurs ne poursuivent pas tous exactement le même objectif, tandis que les responsables de la banque ne semblent pas seulement préoccupés par la sécurité des otages.
C’est ce que j’ai préféré : l’impression que l’on ne peut faire confiance à personne. Certains voleurs cachent des informations à leurs propres complices, des responsables politiques tentent d’empêcher certains secrets de sortir, la police reçoit des ordres étranges et plusieurs employés de la banque en savent beaucoup plus qu’ils ne le disent.
Luis Tosar est, comme souvent, très bon. Il possède la présence nécessaire pour rendre crédibles même les moments les plus excessifs. Son personnage essaie de rester calme pendant que tout s’effondre, même si sa place dans le groupe devient progressivement plus compliquée.
Rodrigo de la Serna est encore meilleur. Son personnage est imprévisible, violent et très inquiétant. Lorsqu’il apparaît, on sent que la situation peut exploser à tout moment. Il apporte l’essentiel du danger, car on ne sait jamais s’il va respecter le plan ou se retourner contre les autres.
Raúl Arévalo, Joaquín Furriel et José Coronado complètent une distribution très solide. Le film fonctionne parce que presque tous les personnages cachent quelque chose et parce que les acteurs réussissent rapidement à les rendre différents.
Patricia Vico est également magnifique dans le rôle de la directrice de la banque. Sandra n’est pas seulement une otage supplémentaire. Elle sait ce qui se cache dans les coffres et comprend très vite que le braquage fait partie d’une opération beaucoup plus importante. Vico transmet parfaitement la peur, la maîtrise et la conscience que tout le monde tente de l’utiliser.
Daniel Calparsoro réalise avec rythme et efficacité. La pluie constante, les espaces fermés et la menace de voir le plan échouer créent une atmosphère réussie. La banque devient un piège pour les voleurs comme pour les otages, tandis qu’à l’extérieur se joue une autre bataille liée au pouvoir et à la corruption.
Le film évoque aussi la crise économique, le sauvetage des banques et la corruption politique. Il n’approfondit pas vraiment ces questions, car le divertissement reste prioritaire, mais elles donnent davantage de poids à l’histoire.
Il y a parfois trop de rebondissements. Chaque fois que le plan semble devenir clair, une nouvelle trahison ou un autre secret apparaît. Cela maintient l’attention, mais oblige aussi à accepter plusieurs coïncidences très pratiques.
Malgré cela, le film ne perd jamais son rythme. Il possède du suspense, de la tension, un peu d’humour et des personnages qui se retournent les uns contre les autres. Il n’est peut-être pas très original, mais il utilise efficacement les codes du genre.
Un thriller de braquage solide et très divertissant, porté par une excellente distribution et par une histoire où presque tout le monde ment.