Haters gonna hate comme on dit, mais si j'attendais davantage à l'époque de ce 3e film de Nolan après ses deux petites claques initiales, force est de reconnaître qu'il m'est resté un souvenir fort de ces atmosphères suspendues traduisant l'état de fatigue extrême du personnage de Pacino, dans un de ses derniers très grands rôles à ce jour, et que la suite de la filmo de Nolan, suivie depuis les tout débuts donc (merci les vidéoclubs) n'a fait que démontrer que toutes les clés étaient là, dans ce remake très personnel d'un chouette thriller scandinave : cette obsession récurrente pour des personnages ambigus et profondément hitchcockiens qui refoulent leur propre culpabilité en la transférant sur un tiers réel ou non, et auxquels une temporalité impitoyablement détraquée (ici le jour interminable de l'Alaska) ne permet ni oubli ni rédemption. Probablement les thèmes centraux de son "Batman Begins" et d'"Interstellar" respectivement mais surtout d'"Inception", parfaite synthèse des deux, et qui constituaient déjà de façon plus sous-jacente la substantifique moelle des géniaux "Following" et "Memento" dont je suis toujours aussi fan (à venir, forcément, beaucoup plus haut dans ce classement).