Quand l'annonce d'une adaptation ciné de l'Inspecteur Gadget avec des acteurs en chair et en ors a été prononcée, c'était à la fin des années 90, la bonne période pour mettre à profit des effets spéciaux de plus en plus bluffants. Seulement voilà, l'inspecteur robotique gaffeur échoue dans les mains de Disney qui va en faire une adaptation ratée, lourdingue, américaine. Mis entre les mains improbables de David Kellogg (ancien réalisateur de clips pour Playboy !!!), le film se veut vulgaire, débile et tout simplement inapproprié, aussi bien pour les fans du dessin animé culte que pour les jeunes spectateurs lambda...
Car des blagues en dessous de la ceinture et des gags peaux de bananes, vous allez en voir à la pelle. Pareillement, vous aurez droit à une succession de séquences nunuches, de répliques boursouflées et d'un cabotinage honteux collés à la va-vite sur un pseudo-scénario qui transgresse comme toute bonne adaptation cinématographique l'esprit de la série. Pourtant, l'idée de ces nouvelles origines est plutôt bien trouvée : Gadget est donc John Brown, un gardien de parking qui, à la suite d'un accident, devient l'Inspecteur Gadget, sorte de RoboCop inutile qui va vite se retrouver au cœur d'un complot manigancé par le terrible Dr. Mad (ouais notre Dr. Gang) qui crée un clone maléfique à l'effigie du policier robot. Malheureusement, la suite est d'un toute autre registre...
Sophie, la nièce de l'inspecteur, est toujours aussi malicieuse mais Gadget n'est plus aussi stupide que dans la série, tombe même amoureux de sa bombasse de créatrice (la sexy Joely Fisher) et octroie une voiture bavarde aussi vulgaire qu'exaspérante. L'enquêteur à l'imper est interprété par un Matthew Broderick en roue libre face à un Rupert Everett grimaçant à outrance dans la peau du Dr. Mad (à visage découvert, impardonnable erreur). Au programme : un viol intégral où sont compilés bruitages cartoonesques, humour au ras des pâquerettes, onomatopées ringardes, placement de produits et effets spéciaux outranciers. En somme, un excrément filmique qui prouve une fois encore qu'on ne peut pas tout adapter sur grand écran.