Un jour,dans le futur, on s'interrogera sur les raisons de l'accident industriel qu'a été l'adaptation live de L'inspecteur Gadget. Il faut savoir que le film a été très difficile à produire (d'où la dizaine de noms au générique), une galère à écrire (avec 9 -NEUF- scénaristes, plus que Citizen Kane !), et le résultat a l'écran consternait Disney, qui a été à deux doigts de le sortir directement en vidéo tellement le studio en avait honte. Et puis, le catalogue de sorties de l'été 1999 était faible, il fallait bien le remplir avec quelque chose... D'ailleurs, même si le succès a été là aux Etats-Unis, l'échec a été total dans le reste du monde, ce qui a enterré tout espoir de franchise pour Disney.
Il faut savoir que déjà, hors générique, le film ne fait que 70 minutes, au lieu des 110 de la première version, donc une grosse partie est allée à la poubelle, devant les projection-test désastreuses. Ensuite, c'est une histoire qui raconte comment un brave policier, joué par Matthew Broderick, va être piégé par le Dr Mad, Rupert Everett, et devenir ainsi, grâce à des expériences menées par la police, l'inspecteur qu'on connait.
Sauf qu'effectivement, le résultat à l'écran est consternant. Même si c'est avant destiné aux enfants, on a pas le droit de les maltraiter ainsi avec des personnages aussi mal écrits, où le gentil est de couleur claire et le méchant de couleur foncée. Il y a également un personnage qu'on a envie de tuer, c'est l'ordinateur de la Gadgetmobile, qui parle sans arrêt de manière chébran, mais qui a le seul moment un peu amusant du film ; celui où l'inspecteur conduit la voiture sans boucler sa ceinture, puis l'ordinateur le lui fait à sa place, car dit-il, on est chez Disney et que c'est mal. Voilà, après ça, on peut admirer les effets spéciaux à la sauce WIndows 95, les appels au secours des acteurs qui se demandent dans quelle galère ils ont signée, et un manque de fidélité criant au dessin animé ou par exemple le chef Gontier, le policier, fait de la figuration, ainsi que, ô scandale, le Docteur Mad montre très vite son visage, alors que je trouvais ça génial, étant petit, qu'on ne le voyait jamais, ou alors seulement ses mains.
Pourtant, il y a des artistes de talent qui ont bossé dessus, Stan Winston pour les maquettes, John Debney à la musique, mais c'est une catastrophe absolue. D'ailleurs, je suis surpris que malgré l'échec commercial, Disney tente encore de faire un reboot, tel que ça a été annoncé en 2019...