Revoir Interstellar en salle en 2026 est un beau cadeau que je ne m'attendais pas à apprécier à ce point. Entre-temps, on est entrés dans une ère sombre de remakes et de marvelisation qui fait passer les deux décennies précédentes pour un âge d'or révolu.

Pourtant, à sa sortie, j'ai collé un 7 à Interstellar, et durant les 10 années qui ont suivi, je m'en suis souvenu comme d'un excellent film auquel j'avais mis 8 ou 9. Je n'avais pas écrit de critique à l'époque, donc je n'ai aucune idée de ce qui m'est passé par la tête, mais je suis là pour corriger ce tort.


Tout a déjà été écrit sur ce film qui n'a vraiment pas besoin que je le défende. Je serai donc relativement bref, en vous arrosant de superlatifs. Si le film est aussi bon, c'est tout simplement qu'il est réussi sous tous rapports, et réunit notamment la sainte trinité : une parfaite exécution formelle, un souffle épique à une échelle difficilement surpassable, ainsi qu'une écriture et une interprétation qui m'ont fortement touché émotionnellement.


■ Le film est impeccablement réalisé, classieusement mis en scène, et balance des images inoubliables à une cadence absurde. Que ce soit sur terre ou dans de lointaines galaxies, il en fout plein la vue, mais le fait avec assez de retenue, d'attention au détail et en s'étant suffisamment documenté pour sembler crédible au profane et immerger pleinement dans son odyssée futuriste.

Il est remarquablement écrit et brasse des concepts d'une complexité inouïe (astrophysique, gravité, relativité, physique quantique) qu'il parvient à rendre digestes et suffisamment compréhensibles pour qu'on comprenne les enjeux, les dangers, et pourquoi les personnages prennent telle décision dans tel contexte. C'est aussi un film de trois minuscules heures, qui alterne parfaitement entre péripéties haletantes qui vous clouent au siège, des séquences émotionnellement intenses qui prennent bien le temps de vous broyer le cœur, ou de moments suspendus et contemplatifs.

Son script est servi par un casting royal avec Matthew McConaughey dans l'un de ses meilleurs rôles (ce qui n'est pas peu dire), Jessica Chastain, toujours exceptionnelle, Matt Damon qui n'en peut plus d'être perdu dans l'espace, Casey Affleck, Michael Caine, John Lithgow et... oui, bon, il y a aussi Anne Hathaway, mais aucun casting n'est parfait.


■ Difficile d'imaginer un film plus épique qu'Interstellar. C'est un film d'exploration et d'aventures à une échelle incomparable. L'espace est l'ultime frontière : celle des distances impossibles, des voyages sans retour, du danger permanent, de l'inconnu à son paroxysme. À tout moment, les personnages sont séparés d'une mort immédiate par quelques centimètres de carlingue, le temps passe à une vitesse alarmante et les sépare inexorablement des proches qu'ils ont laissés derrière, et les chances de succès de leur mission impossible ne cessent de se dégrader, du début à la fin.

L'espace a toujours été source d'émerveillement pour les geeks de mon espèce, mais il est très rare que le cinéma lui rende justice (et les séries, encore plus). Interstellar est une lettre d'amour à l'exploration spatiale, à l'espoir de découvertes bouleversantes, et l'un des meilleurs films de survie et d'exploration dans ce sous-genre de la hard-SF, sans aliens, sans cyborgs ou lasers : une SF âpre et crédible, ni idéalisée ni chatoyante, qui en fait le cadre idéal pour des scènes de tension phénoménales.


■ Je me lamente souvent d'avoir un cœur de pierre et d'être à moitié mort à l'intérieur, mais le film m'a fait chialer trois fois. Il ne m'avait pas autant touché la première fois, mais savoir ce qui va se passer le rend encore plus tragique. J'imagine que ça dépend aussi de votre sensibilité aux relations père-fille qui ont tendance à bien me secouer, dans des œuvres comme The Last of Us, Captain Fantastic, The Host, Commando ou Californication (ne me jugez pas).

Ezhaac
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le 29 juin 2026

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Ezhaac

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