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le 22 nov. 2013
SuivreNos vies, si chères
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Je vais commencer par une critique bien rêche, avant de passer un peu de pommade pour adoucir le tout, histoire de ne pas trop fracasser tout ça.
Allons y, bah tient à la fin le mec meurt, seul comme un con s'apercevant que finalement le bonheur ne vaut que s'il est partagé. La Sncf l'aura gentiment aiguillé, s'il avait pris la peine de leur poser la question.
Il n'a finalement que ce qu'il mérite, et je me suis aperçu que je ne suis pas le seul à avoir souhaité sa mort.
Pourtant, tout au long de son parcours, il aurait pu se rendre compte, à quel point c'est son interaction avec les gens qu'il croise qui rend son voyage si intéressant.
Mais il a préféré laisser dans son sillon des gens qu'il marquera plus ou moins. Ceci par pur égoïsme.
Car si son entreprise laisse songeur quand on pense à la beauté de ce qu'il a pu vivre, ses raisons, celles qui le poussent à tout laisser derrière lui, à se rebaptiser, sont plus nourries par l'envie de fuir un foyer que l'aventure. Cette société qu'il rejette c'est surtout parce qu'elle n'est que le reflet de ce que sont ses parents à ses yeux.
En quittant le monde civilisé, il espère se reconstruire, bouffi d'orgueil qu'il est, pensant qu'il vaut mieux que tous ces gens qui font marcher, qui profitent et qui subissent le système capitaliste de nos sociétés.
Bref au lieu d'affronter la triste réalité, d'aborder ce qui ronge sa famille, ses secrets, ses non dits, il tourne le dos et s'en va. Advienne que pourra, qu'ils en souffrent, ils le méritent, ils l'ont tant fait souffrir lui avec tout ça. Avec leur modèle, leur violence, leurs disputes.
Il cherche la vérité, l'authenticité et il va trouver la mort, la solitude et la peur. Bien fait pour sa gueule.
Pire il y trouve un regain de spiritualité sur la toute fin, se reniant une dernière fois, il est plus à ça près après tout, et reprenant son nom originel, il crève les yeux vers le ciel, dans une ultime rédemption.
J'ai à peine pitié de lui.
Cependant, le film n'est pas intégralement désagréable. Bien qu'on puisse ressentir ça et là quelques longueurs.
Car, même en souhaitant le voir mourir dans sa bêtise, j'ai apprécié chacune des rencontres qu'il a faites et j'ai profité des paysages sublimes. De la beauté de la nature.
Penn use parfois d'effets pas toujours heureux (split screen, ralentis en veux tu en voilà, et une voix off qui ne m'a pas trop gêné tout de même.) mais je veux bien passer outre.
Emile Hirch livre une belle performance, et ça donne envie de le voir, mais dans autre chose que Speedracer par exemple. Hal Holbrook est touchant aussi.
Concernant la b.o. je veux bien que ce soit beau, que les gens aiment, mais pour ma part, je pense que les grands espaces ont besoin de place, pas d'une gratte et d'une voix lancinantes.
Enfin, il me tarde d'attaquer Thoreau et Tolstoï et pourquoi pas London, car après tout, on peut apprécier des oeuvres et n'en retirer que ce qu'on l'on veut.
Pour la note j'suis pas encore certain, car malgré la sévérité de ma critique, le film en lui même ne m'a pas déplu dans son ensemble, c'est simplement le héros et ses idéaux qui m'ont déplu, sinon ça reste un film tout à fait acceptable, je trouve.
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