9
le 7 août 2018
SuivreTore
L’obscurité permanente et une pollution suffocante ont frappé l’Iran. La population cherche à fuir le pays en passant clandestinement la frontière. Au milieu de cette vision post-apocalyptique, la...
L’obscurité permanente et une pollution suffocante ont frappé l’Iran. La population cherche à fuir le pays en passant clandestinement la frontière. Au milieu de cette vision post-apocalyptique, la police reconstitue un meurtre. Pour les besoins de l’enquête, Ali, le principal suspect, et toute son équipe de gymnastique sont au stade pour rejouer minutieusement les événements qui ont mené au meurtre de Saman, le charismatique capitaine de l’équipe. Entre la vérité et les souvenirs, la réalité devient confuse.
C’est un véritable tour de force que réalise Shahram Mokri avec Invasion qui n’a rien à envier à la beauté et la densité des œuvres de Tarkovski ou Kubrick. En basant son film sur un dispositif et une narration très théâtraux, le réalisateur se permet de réinventer la grammaire cinématographique, rien que ça, tout au long du vertigineux plan séquence qui compose le film. D’une maîtrise technique et formelle épatante, sa caméra ne coupe jamais, mais les points de vue changent, les temporalités vacillent et les personnages eux-mêmes s’intervertissent.
Cette maîtrise formelle ne serait qu’une œuvre de petit malin si elle ne servait pas un contenu foisonnant dont il est difficile de cerner tous les enjeux à la première vision. En inversant les points de vue et les personnages, le réalisateur sonde les choix de son héros et efface les barrières. Les limites topographiques sont annihilées par la fluidité de la caméra, connectant imperceptiblement les nombreux éléments du décor qui composent cet énorme stade. Les barrières des genres vacillent également quand une actrice joue le personnage de la victime, alors que sur ces terrains de sport, la mixité est interdite. En établissant cette ambiguïté autour de la question des genres, le réalisateur arrive même à parler d’homosexualité, un exploit en Iran. Sharam Moktri a en effet réussi à contrecarrer les griffes de la censure qui s’est égarée dans la complexité et les circularités de son scénario. Le motif circulaire avait déjà été à l’origine d’un chef-d’œuvre du cinéma Iranien dans Le Cercle. Invasion serait plutôt analogue au tore, cette forme qui évoque un « cercle de cercles ». Shahram Mokri confesse qu’il aurait embrassé une carrière d’architecte s’il n’avait pas fait du cinéma. Ça tombe bien, il vient de réaliser un véritable monument.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2018
Créée
le 7 août 2018
Critique lue 526 fois
9
le 7 août 2018
SuivreL’obscurité permanente et une pollution suffocante ont frappé l’Iran. La population cherche à fuir le pays en passant clandestinement la frontière. Au milieu de cette vision post-apocalyptique, la...
5
le 10 déc. 2021
SuivreMalgré un postulat malin et bien-vu, cette farce s’avère être finalement assommante et répétitive. Un casting prestigieux et beaucoup d’agitation pour pas grand-chose. Cela fait une vingtaine...
5
le 14 août 2024
SuivreCette romance impose à son public le même phénomène que vit son héroïne : la dissociation cognitive. Des clichés à la pelle, un cinéma très illustratif, un scénario digne d’un roman de gare… pour...
5
le 25 juin 2025
SuivreAvec ce thriller d’évacuation en plein chaos afghan, Martin Bourboulon signe un film d’action tendu mais simpliste, qui sacrifie la complexité géopolitique au profit d’un récit héroïque sans nuances...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème