C'est au fameux Herbert George Wells qu'on doit le mythe de l'homme invisible, dont le roman de 1897 avait non seulement marqué son époque, mais engendré aussi, bien plus tard, plusieurs déclinaisons et relectures. On pense notamment à la fameuse série de 1958, dont certains se rappelleront peut-être avec nostalgie de la rediffusion sur FR3 en 1989.
En 2000, Hollow Man de Paul Verhoeven avait reçu un accueil critique mitigé. 20 ans plus tard, Leigh Whannell, surtout connu jusqu'ici en tant que scénariste (Saw et Insidious entre autres), s'inspire lui aussi de ce mythe pour son troisième film comme réalisateur.


Cecilia est ce qu'on pourrait appeler de manière péjorative (mais de l'aveu même de l'intéressée), une femme "lambda". Pourtant, elle est devenue la compagne d'Adrian Griffin, magnat de l'industrie optique, à l'évidence millionnaire, vue la splendide villa californienne dans laquelle le couple est établi.
Mais ce personnage, à la croisée d'Elon Musk et d'Alain Afflelou, n'est pas forcément un bon parti pour autant. C'est même un tel pervers narcissique que la jeune femme a décidé de se faire la malle au beau milieu de la nuit, ne pouvant certainement supporter davantage cette prison dorée.
Réfugiée chez un ami de sa sœur, policier de son état, Cecilia apprend rapidement le suicide de son ancien conjoint. Ce qui aurait dû être un soulagement va vite devenir une véritable descente aux enfers.


Et sur ce point, Invisible Man est plutôt bon. Sa capacité à instaurer la tension et à traduire le désarroi de l'héroïne fonctionne bien. Cécilia est-elle victime d'une odieuse machination ou est-elle "simplement" si traumatisée par sa vie passée qu'elle en est devenue totalement paranoïaque?
En tout état de cause, le film, au-delà de sa dimension "divertissement" efficace, parle d'un sujet bien réel qu'est la violence psychologique qu'infligent à leurs victimes les pervers narcissiques: leur capacité à séduire, à manipuler, à isoler, à pousser à bout...


Invisible Man n'est pas un sommet du cinéma. Réalisé et mis en scène de manière très honnête, porté par un casting qui "fait le job", le film souffre tout de même de pas mal d'incohérences et de passages "capillotractés". De même, on pourra s'interroger sur le plan final qui laisse perplexe quant au message qu'a voulu véhiculer Leigh Whannell.


Qu'a-t-il voulu montrer avec cette image de Cécilia subitement devenue "femme fatale" et qui laisserait presque penser qu'elle a tout manigancé depuis le début?


Bien qu'un peu bancale, Invisible Man reste malgré tout une production de qualité, qui réinterprète de manière assez intelligente une vieille histoire qu'on imagine pouvoir être revisitée encore de nombreuses fois à l'avenir. Cette mouture 2020 est à l'évidence, loin d'être la pire qui soit sortie.

billyjoe
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le 9 mars 2020

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Billy Joe

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