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Madame Irma et ses boules
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Wilder réunit Lemon et MacLaine trois ans après The Apartment, et le duo d'acteurs brille dans ce film plus que jamais, si bien qu'ils font passer The Apartment pour juste un echauffement! Et puis, il y a Paris ! Un paris de fantasie recréé dans un des hangars du Goldwyn Studio, et qui fait le charme de cette production haute en couleurs. Mais le parti-pris du scénario de faire dans le surréalisme finit par desservir le film qui, dans sa deuxième partie, sombre dans le dessin animé plutot bête. Détails ci-dessous.
Le scénario, avec ses rebondissements toujours inventifs, offre une très jolie histoire d'amour enveloppée dans une intrigue tres cocasse qui entraîne le spectateur dans des lieux parisiens multiples, ce les auteurs n'avaient pas réussi à faire dans The Apartment. Les personnages sont aussi incroyablement attendrissants, notamment avec ce personnage de barman et ses anecdotes sur ses voyages aux quatre coins du monde, encore une grande amelioration sur The Apartment. Le film réussit à développer beaucoup de contenu autour de cette intrigue simple, ce qui permet un visionnage particulierement stimulant. Le comique de situation reste vraisemblable au début. Étant donné que le premier acte est si bien écrit, le spectateur accepte donc de s'abandonner à la tournure surréaliste pendant un moment… Mais ensuite, les auteurs exagèrent, poussant le bouchon de plus en plus lourdement et fillant la meme blague sur une durée de plus en plus longue si bien qu'une impression croissante de bêtise se dégage du film dans sa derniere heure. Les 2h30 du film consistent donc en une heure d'une histoire incroyablement mignonne, poetique et légère, qui est superieure a The Apartment, et d'une heure et demi d'un "silly cartoon" de plus en plus tiré par les cheveux qui devient carrement assomant. Il n'y a aucune raison à une telle complaisance et un telle inegalité structurelle.
L'interpretation repose sur le talent du duo Lemon/Maclaine, et de Lou Jacobi, l'acteur qui joue le barman et qui trouve la le plus beau role de sa carriere. Ils sont tous les trois simplement magiques. Mais le reste du casting est tres faible: les acteurs ont un jeu empreinté qui parait aujourdhui terriblement daté, et leur debit est souvent forcé et trop lent -tout comme le rythme des jeux de scenes, d'ailleurs. Comedy is a matter of rythm and timing, and Billy Wilder is found sloppy more than once here.
Pour conclure, peut-être qu'en remontant le film et en en excisant quelques 45 minutes des moments les plus complaisants de la deuxième partie, on obtiendrai une version un peu plus serrée et le plaisir en sera moins mitigé. Mais même avec ses faiblesses, Irma la Douce comporte assez de poésie et de beaux moments, et reste au final tellement plein de charme qu'il mérite tout de meme sa place parmi les grands classiques.
Créée
le 5 juin 2025
Modifiée
le 5 juin 2025
Critique lue 9 fois
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