On serait en droit de crier au grand artiste en voyant cet "Irma Vep", tant Assayas témoigne de son inconditionnelle foi en un type de cinéma très marginal. Aucune concession de nulle forme n’est faîte afin de garder le style le plus épuré possible. Mais ce qui peut être considéré comme un remarquable tempérament peut tout aussi bien être perçu comme un orgueil des plus écoeurants. A filmer avec fierté ce cinéma qu’il sait brancardé, à en accentuer chacun des traits jusqu’à l’austérité la plus totale et en disant tout le long du film qu’il se moque éperdument de toute critique quel qu’elles soient, Assayas ne fait que se satisfaire par une masturbation cinématographique d’un égoïsme puéril et à la limite de l’intelligence. L’intransigeance, pour ne pas dire l’autisme, d’Assayas est telle dans ce film que chaque procédé esthétique ou plastique est perçu comme une abominable hérésie. En découle un film épuré de tout sens artistique, incroyablement creux, et qui méprise au plus haut point les spectateurs que nous sommes. Rarement le cinéma d’auteur n’a été aussi pathétique.