Cette critique contient des spoilers.
Film violent, malsain, froid, sale, sombre; film merveilleux, beau, bouleversant.
L'association de ces qualificatifs peut paraitre étonnante, mais c'est justement ce qui constitue l'essence d'Irréversible: le paradoxe, le contraste, l'inversion, l'ambivalence.
L'effet de chronologie inversée est une idée absolument géniale qui fait toute la splendeur du film (d'où l'absurdité de le remonter à l'endroit deux décennies plus tard), les acteurs jouent plus vrai que nature, et la violence des deux fameuses scènes rajoute à ce cocktail explosif les saveurs nécessaires pour en faire un chef d'œuvre.
Je n'ai jamais ressenti pareilles émotions tant au début qu'à la fin d'un film. Dans les premières minutes, l'incompréhension et l'angoisse sont reines, la violence, à coups d'extincteur, fracasse les derniers espoirs de voir un film comme les autres.
Puis la suite nous éclaire peu à peu sur les origines des scènes précédentes, en laissant à peine le temps de se remettre du choc traumatique vécu quelques minutes plus tôt.
Les dernières scènes, centrées sur un couple d'amoureux, futurs parents, vivant une histoire douce et passionnée, ne rendent la réalité du propos que plus atroce. La douceur de la fin du film opposée au destin des personnages déjà connu laisse le spectateur baigner dans un trouble émotionnel indescriptible.
Un film unique, à ne pas mettre entre toutes les mains.