Islands est une étude de caractères déguisée en polar. Ou l'inverse... Le film oscille constamment entre les deux genres, et le boulot du spectateur, c'est de situer dans quelle catégorie il évolue. La mise en scène joue énormément avec le fait que l'on connaît les codes du cinéma ; et pour berner son monde tout du long, il anticipe constamment les intuitions de son public pour faire avancer son intrigue. Le tout, sans user de twists pompiers. Si les retournements de situations surprennent bel et bien, il s'avèrent parfaitement logiques avec le déroulé de l'intrigue. Rien n'est forcé, tout coule de source.
Les personnages sont très bien écrits, au point qu'on arrive à imaginer sans souci ce qu'ont pu être leurs vies depuis des années, et la situation dans laquelle chacun se trouve au moment où débute l'histoire. Le film est assez elliptique et laisse le soin de reconstituer les vides délibérés. Le rythme est lent, mais extrêmement prenant dès qu'on a passé l'exposition. S'ajoutent à ça une BO un tantinet mystérieuse ; et quelques situations en apesanteur, limite oniriques. Tout ça renforce le côté énigmatique. Enfin pour finir, tirant parti des paysages des Canaries, la photo est très belle.
Sur le fond, Islands est extrêmement subtil dans son étude des caractères, grâce à une qualité de l'écriture et une interprétation sans faille. Mais ce qui fait la différence, c'est réellement la maîtrise côté mise en scène.
Donc à découvrir sans modération.