Inutile de se barricader, la Mort a un pass universel.

Bien meilleur que dans mon souvenir. J'avais été alléchée, comme beaucoup, par l'affiche et le titre qui promettaient un bon film d'horreur et j'avais été déçue. Quelques années plus tard, je l'ai revu en sachant ce que je n'allais pas voir et ça a mieux fonctionné. J'ai dû faire le même travail d'abstraction avant de revoir The Social Network et ça avait bien marché. D'où l'utilité de revoir certains films qui le méritent. Reste à savoir lesquels...

It Comes At Night n'est absolument pas un film d'horreur, même s'il fait peur par moments. Ce qui me plaît avant tout, c'est l'ambiance. Le film vaut avant tout pour la tension qu'il installe dès les premières images et qu'il arrive à maintenir jusqu'au bout. On a droit à quelques scènes horrifiques très flippantes, mais je les trouve très artificielles et loin d'être justifiées. Le fils a des cauchemars récurrents, mais un seul aurait suffi. Le fait qu'il y en ait plusieurs et qu'ils apparaissent à intervalle régulier laisse à penser qu'ils ont été ajoutés pour pimenter la sauce, comme de vulgaires jump scares. Le film n'avait pas besoin de ça.

La maison en bois est immense, sur plusieurs étages et labyrinthique. La nuit venue, comme toutes les fenêtres sont obturées, elle devient très inquiétante à la lueur des lampes torches. Un long couloir, en particulier, avec une porte rouge au bout, concentre toute l'angoisse. Vous y ajoutez le faisceau lumineux d'une torche, quelques craquements du plancher et l'affaire est dans le sac. Et ne nous montrez surtout pas ce qu'il y a derrière cette porte, malheureux ! Ce grand-père à moitié zombie qui apparaît dans les cauchemars du fiston est une faute de goût, une mouche dans le lait.


Dans cette grande maison isolée dans la forêt vivent un couple et leur fils. Le grand-père vient de mourir d'une horrible maladie et il est brûlé et enseveli par le père et son fils dans la forêt. Les fenêtres obturées et les masques à gaz portés par la famille nous laissent imaginer une mystérieuse maladie qui rôde à l'extérieur. Le film ne nous donnera aucun éclaircissement sur ce mal invisible. De fait, on ne verra jamais rien. Parce que le sujet n'est pas là.

Un étranger arrive. Il est accueilli avec méfiance - c'est un euphémisme - puis, après vérification, il est autorisé à ramener sa famille dans la maison. Au début, la cohabitation est idyllique, une vraie lune de miel. On apprend à se connaître, on coopère, on suit les règles strictes édictées par le chef. Et puis arrivent des soupçons, des détails qui ne collent pas. La méfiance pointe à nouveau son nez, à bas bruit. Jusqu'à ce que la maladie, malgré toutes les précautions prises, fasse irruption dans la maison et là, tout part en cacahuète...


It Comes At Night veut nous immerger dans un bain de claustrophobie et de paranoïa et il y réussit très bien. Enfermés la majeure partie du temps à l'étroit et dans la pénombre avec ces six personnes, nous ne pouvons, comme Paul (Joel Edgerton), qu'épier les visages, décortiquer les paroles, douter de tout. Cette nouvelle famille est-elle si sympa et honnête qu'elle semble être ? Comme Paul, le chef de la maison et père protecteur, on tique sur une parole de l'invité et la paranoïa s'installe et grandit. Il ne faudra pas grand-chose pour que la paix fragile vole en éclat et laisse place à des réflexes de survie qui ignorent la compassion ou la pitié. La paix n'aura été que de courte durée.

Paul le répète à son fils : on ne peut se fier à personne, seulement à la famille. Le film nous montre une famille retranchée chez elle et qui refuse de partager son refuge. Au début, j'ai cru que le film allait nous marteler un message sur le danger de se fermer sur soi-même, de refuser l'autre, etc. Mais pas du tout. Qu'elle se barricade ou qu'elle ouvre son cercle à d'autres membres, le résultat est le même. Le grand-père a été contaminé et la contamination continue après l'arrivée des intrus. Quelles que soient les précautions prises, la maladie et la mort réussissent toujours à frapper. Un peu comme dans Le Masque de la Mort Rouge de Poe. Inutile de se battre, la mort gagne toujours et l'homme ne met pas longtemps à redevenir sauvage quand il est en danger.

It Comes at Night est un film très pessimiste, presque nihiliste.

Le seul reproche que je ferais, en dehors des cauchemars racoleurs, c'est que les personnages et les acteurs n'ont rien d'attachant. Aucun ne donne envie de l'aimer. Malgré la fin cauchemardesque, j'étais indifférente au sort des personnages et je n'aime pas ça.

La BO est excellente et bien utilisée.

Créée

le 1 août 2026

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Maîrrresse

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