It's Alive !
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It's Alive !

Téléfilm de Larry Buchanan (1969)

L'Auberge Verte.Seul le monstre en carton gâche un peu ce film pauvre en budget,mais riche en sujets

La super chaîne Drive-In Movie Channel me le fait commencer/découvrir au hasard et aimer.

Il y a des années, j'avais vu une archive de Jean-Pierre Mocky défendant "les films pauvres" et argumentant en d'autres mots que c'est pas une raison pour descendre, moquer ou attaquer un film. 'Il est vivant' est typiquement ce genre de films que j'aime car ils surpassent leur budget et se révèlent plus intéressants que pas mal de films si riches qu'ils font souffrir tant c'est parfois du gâchis (eg. la suite du Train pour Busan).

Un des sujets est l'opposition villes et campagnes: la suffisance et maladresse de certains citadins en goguette chez ceux qu'ils considèrent comme des ploucs.

Un autre sujet est le machisme et grossièreté de certains maris des années 60 envers leurs femmes: là, un point commun entre le gommeux de New York et le rougeaud violent dans sa ferme.

Le film commence avec un couple de New Yorkais au bord de la panne d'essence demandant de l'aide à des locaux: le conducteur dit pas bonjour, jamais merci et accuse sa (jolie) femme de la situation. C'est elle qui a voulu faire un road trip de l'authentique et voir lentement du pays plutôt qu'aller à Cancun.

La manière dont parle en 1969 ce riche New Yorkais aux fermiers quasi exigeant d'eux directions et essence sans bonjour ni merci, m'a fait resurgir la scène du Petit Baigneur de 1968 et la manière dont parle Fouchaume/Louis de Funès au paysan, quand il est perdu dans les vignes. Jérôme Commandeur avait des scènes similaires sur un autre ton dans 'Ma famille t'adore déjà': où le New Yorkais est remplacé par un parisien se comportant en parigot condescendant et sa mentalité d'ayant-droit par nature et culture... ("A sense of entitlement" disent les anglais...du style Prince Andrew en interview ou pour les plus anciens, Fabius parlant à Chirac avec geste de la main dédaigneuse).

Bref, dans ce film d'horreur, les gentils sont des enculés mal élevés.

Il trouvera encore le culot d'accuser sa femme de la situation dans les pires moments: où, comme le dit Simenon dans L'homme de Londres, elle arbore un sourire gêné s'excusant quasiment d'être née.

Le mari fait d'ailleurs preuve de mauvaise foi car sa femme l'avait averti que leur hôte était bizarre.


Leur hôte est psychotique mais il n'est rien de moins qu'une sorte de vieil Elliot ayant trouvé un E.T. (d'un Spielberg un peu + trash...)..sauf que son extra-terrestre est plus gourmand (et peut-être local et ancêtre) et qu'il doit le nourrir comme dans La petite boutique des horreurs.

(Je découvre après que Spielberg a engagé Bill Thurman pour jouer dans Rencontres du troisième type).

Il joue bien le débonnaire puis le patibulaire. Il sait jouer quelqu'un qui cache son jeu.

Ce Bill Thurman me rappelle un des copains de Will Ferrel dans Légendes Vivantes, un David Koechner.


Ma scène favorite est le long flashback quasi muet mais mémorable où on découvre qui est sa complice dans sa maison qu'on prenait pour sa femme...comment il l'a rencontrée et soumise . C'est une ancienne de ses victimes qu'il a épargnée. Une copie du couple qui vient de tomber dans son piège...elle aussi faisait du tourisme en région , cherchant aussi de l'authentique. Sauf que pour elle c'était par pauvreté qu'elle tombe dans ses griffes, car juste une pauvre hyper sous payée institutrice. Elle cherchait donc à se loger pour pas cher chez l'habitant lors de son road trip avant la rentrée scolaire. Elle devient une Natascha Kampusch sous emprise.

La menace la fait rester. Elle ne veut pas finir en pâté (je découvre l'actrice Annabelle Weenick)


En bref, pas un nanar, ni un navet, juste un film qui manque de moyens pour des personnages solides et épais.

Abordant plusieurs sujets.

On voit très peu la créature et c'est tant mieux car avec le temps, elle est devenue en effet pathétique. On dirait qu'elle a des coquillages collées à la place des yeux et bouche. Mais à l'époque, ceux qui s'en moquent dorénavant, auraient eu peur dans la salle.

Après avoir aimé ce film et en cherchant noms des acteurs, je découvre que c'est inspiré d'un livre de Richard Matheson.

Créée

le 19 mars 2026

Modifiée

le 21 mars 2026

Critique lue 37 fois

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