Clint Eastwood se veut témoin de son époque.

Clint Eastwood se veut témoin de son époque. Il tient à laisser une trace de son existence sur terre grâce à ses films. Après la catastrophe au tsunami dans Au-delà, Eastwood témoigne de l'Amérique de la première moitié du XXème siècle avec J. Edgar.

A travers le regard du plus grand (en puissance, pas en taille) et premier directeur du FBI, Clint Eastwood nous montre l'Amérique qui a peur : une Amérique en quête de héros, qu'il soit gangster (Al Capone, John Dillinger) ou bien représentant de la loi (J. Edgar Hoover).
D'un point de vue historique et reconstitution d'époque, le film est maitrisé à la perfection. Aucun détail n'est omis, pas même la moindre photo d'époque sur le coin d'un bureau ou transmission télévisée des discours des opposants à la guerre et au racisme. Même l'image est grisée dans un souci de réalisme.
Cette performance de reconstitution est accompagné d'un grand jeu d'acteur de la part de Leonardo DiCaprio. Jouant pour l'oscar ou pas, l'enjeu n'est pas là, mais plutôt dans le souci de ressembler le plus possible (tant sur le plan physique que du caractère) à J. Edgar Hoover. Car l'homme n'est pas un personnage banal et n'a pas du être mince à cerner... Hoover était la représentation de la contradiction. Un homme dur et déterminé qui d'un autre côté avait les même craintes que n'importe quel citoyen américain. Un homme qui voulait se montrer, être admiré mais qui ne faisait aucun effort personnel pour être reconnu. Je dis bien personnel, car sur le plan collectif, Hoover a démontré tous ses talents et toutes ces innovations en matière de police scientifique et criminelle.
Mais c'est bien sur le plan personnel que Clint Eastwood a le mieux développé son personnage principal car c'est à ce niveau là que l'intrigue de la vie de l'homme débute. J. Edgar a des méthodes et des secrets qui pourraient choquer l'Amérique toute entière et il est bien difficile pour lui de séparer ce qui fait partie de sa vie privée de ce qui est professionnel.
Malheureusement, Clint Eastwood aurait pu faire de J. Edgar en grand film en développant mieux tous les aspects de sa vie comme son bégaiement par exemple. Le biopic aurait été complet et pas centré sur un seul élément (certes majeur) de sa vie.
J. Edgar ne sera pas une réalisation de Eastwood qui traversera les temps tel que Mystic River (sauf chez les férus de reconstitutions historiques) mais sera plutôt retenu comme un désir de témoigner de son temps, le 20ème siècle : siècle qui appartient évidemment en partie à Eastwood. Alors, à quand une autobiographie au cinéma de l'acteur, réalisateur, producteur ?
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le 20 févr. 2012

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