Jacinto est bizarre (le film tout autant que le personnage qui lui donne son nom), Jacinto est peuplé de gens bigarrés, Jacinto enchaîne les situations grotesques et malaisantes, et surtout Jacinto est carrément fauché. Et c'est justement ce qui fait sa force, d'autant plus que le film ne s'en cache pas.
Son aspect sur le vif, brut de décoffrage, lui confère une ambiance naturaliste et une atmosphère authentique qui n'est pas sans rappeler La Dernière Maison sur la Gauche (l'original de Craven hein, pas le remake) ou C'est Arrivé Près de Chez Vous. Son immersion distille un insidieux malaise, qui culmine dans un final d'un nihilisme et d'une amoralité absolus.
Un curieux objet, résolument amateur, mais si conscient de ses limites qu'il arrive à en tirer parti. Une démarche parfois bancale qui ne plaira pas à tous, ce qui la rend d'autant plus attachante. Comme Jacinto lui-même, en somme.