Jajda
6.2
Jajda

Film de Svetla Tsotsorkova (2015)

Des draps blancs flottent dans le vent près d’une maison isolée au sommet d’une colline de Bulgarie. Là vivent un couple et leur fils de 16 ans, blanchisseurs pour un hôtel de la région. La chaleur est accablante, la végétation est sèche, la campagne est désertique. L'eau se fait rare cet été et les coupures rendent aléatoire leur activité en mettant à mal leur affaire. Les relations familiales sont tendues, les regards durs et méfiants. Ils font venir un puisatier qui, avec l’aide de sa fille d’une douzaine d’années, va creuser leur terrain à la recherche d’une source. Dans le huis clos tendu de cet espace entre la maison et la tente où se sont installés le puisatier et sa fille, les tensions latentes ne tardent pas à se révéler.
Les cinq personnages apprennent à se connaître, se découvrent peu à peu, et il apparait alors que la soif du titre désigne autant la pénurie d’eau que le besoin d’amour de ces habitants, isolés et oubliés.


Avec une grande économie de moyens, la réalisatrice signe un film fort, au charme particulier et trouble, à la mise en scène parfaitement maîtrisée, en s’intéressant principalement à l’étude de ses personnages et à la façon dont ils changent de manière quasi-imperceptible mais irrévocable.
Le casting est parfait, en particulier la jeune fille, dont on oublie difficilement le regard magnétique à l’intensité silencieuse. Mais aussi la mère, femme de labeur rarement souriante qui offre pourtant un beau moment de poésie en esquissant quelques pas de danses avec son fils parmi les draps séchants. De nombreux films ont utilisé des scènes de linge de lit battant, mais l'œil de la réalisatrice transforme ici quelque chose de banal en un joli reflet poétique.
Après ce premier film fort intéressant, on suivra avec intérêt son second prévu pour octobre 2020,
«Sister » avec les mêmes actrices.

kinophil
7
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le 20 août 2020

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