Jason Becker: Not Dead Yet (Jesse Vile, 2012) est un documentaire qui frappe fort dès les premières minutes, surtout pour les amateurs de musique technique. On y découvre le parcours fulgurant de Jason Becker, guitar hero précoce et génie du néo-classique, fauché au sommet de son art par la maladie de Charcot.
Sur le plan technique, le film documente bien l’évolution musicale de Becker : ses influences, sa vélocité hors normes, sa créativité harmonique... Les extraits d’archives sont précieux, notamment ceux avec Cacophony ou lors de sa préparation pour rejoindre David Lee Roth. On sent la fascination qu’il suscitait dans le monde de la guitare, mais aussi l’exigence artistique qui animait chaque note.
Cela dit, le documentaire reste très conventionnel dans sa mise en scène. Le montage est linéaire, le rythme parfois inégal, et l’approche visuelle manque un peu de panache pour vraiment faire résonner la richesse de l’univers sonore de Becker. C’est là où le bât blesse : l’émotion est bien là, mais elle aurait gagné à être soutenue par une réalisation plus audacieuse, plus en phase avec l’inventivité du sujet.
Malgré cela, on sort du film avec un profond respect pour un artiste qui, même privé de sa voix instrumentale, continue de composer grâce à un système de communication unique. Un bel hommage, certes un peu sage, à un esprit qui n’a jamais cessé de vibrer.
Note : 7.5/10