Voici le spectacle d'une fuite en avant devant la menace diffuse d'un désespoir, celui de la pauvreté absolue. Car la seule vraie richesse qu'on emporte avec soi, c'est la trace qu'on a laissée chez les autres. Elle se révèle quand ils arrêtent de jouer le jeu des apparences. G Clooney sert magnifiquement un personnage aspiré dans le tourbillon de son ambition d'égomaniaque, et qui va en payer le prix. On pourrait trouver l'enchaînement de scènes triviales un peu lassante, il n'est est rien. Elles sont comme des pelures d'oignons, les couches infimes partent les unes après les autres, vers la mise à nue. Le processus est redoutable, pas de retour possible. Le réalisateur sait souligner ce contraste entre la légèreté quotidienne du succès de la star, et le poids du constat sans concession d'une vacuité intérieure. A Sandler met enfin ses tripes sur la table, et ça valait le coup d'attendre. B Crudup nous réserve un passage d'anthologie.
Ce film résonnera en chacun selon sa maturité émotionnelle, affective : chambre d'écho ou chambre sourde ?