On peut au départ penser qu'il s'agit d'une tentative supplémentaire du cinéma français pour livrer un film de procès. Le gros succès de "Anatomie d'une chute" ayant visiblement ouvert une brèche dans le genre !
Mais en réalité, "Je le jure" déjoue les attentes. On suit Fabio, modeste ouvrier mosellan, convoqué malgré lui au procès d'un pyromane. Rapidement, lui et le spectateur apprennent que l'accusé reconnait les faits, par conséquent il n'y aura aucun suspense sur sa culpabilité. L'enjeu est de comprendre ce criminel et de choisir la juste peine.
Pour Fabio, très taciturne et mutique, plonger dans cette âme en perdition sera l'occasion de faire le point sur son étrange relation avec une femme soixantenaire issue de son entourage.
Le film est bien construit et se laisse suivre, dévoilant les arcanes d'un procès français du point de vue des jurés. On évite ainsi les américanismes : par exemple, la juge (convaincante Marina Foïs) accompagne régulièrement les jurés. Ou le processus de sélection des jurés, bien moins spectaculaire et bien plus expéditif.
Le volet dramatique est intéressant, même si la psyché de l'accusé reste survolée (volonté de ne montrer que ce que les jurés perçoivent ?). Et que certains éléments scénaristiques demeurent peu employés ou pas vraiment résolus (la sous-intrigue avec Louise Bourgoin, juré empathique).
Néanmoins, étonnement la relation entre Fabio et cette femme plus âgée est plutôt bien vue... alors qu'elle n'avait a priori pas sa place autour d'un procès. D'autant que Julien Ernwein interprète son personnage tout en intériorisation et en regard. J'espère qu'il n'a pas été payé à la réplique !