Le grand mérite du court-métrage Je suis nue est de se penser non pas tant comme œuvre de cinéma que comme campagne préventive à l’égard d’un danger dont on commence à peine, aujourd’hui, à prendre conscience : le viol de l’autre par le vol de son image. Et de l’intimité que cette image renvoie. Ici c’est un corps qui déambule et que personne ne regarde parce personne ne voit plus que sa nudité ; c’est un corps marqué au fer rouge d’une exhibition passée qui ne passe pas et revient sans cesse. La honte se voit brutalement réorientée par un final très juste qui interroge notre rapport au corps dans une société qui, de plus en plus, se plaît à en exhiber l’intimité sans prendre en compte les violences latentes et destructrices que cela implique.