Je suis une légende repose presque entièrement sur Will Smith, et c’est à la fois sa force et sa limite. Les premières quarante minutes — New York désertée, la routine solitaire, le chien — sont genuinement bien fichues. L’atmosphère est lourde, la ville fantôme crédible, et Smith porte tout ça avec une vraie présence.
La réalisation joue intelligemment sur le silence et l’espace. Lawrence gère bien la solitude, les scènes de jour sont soignées, et certains plans de Manhattan vide restent frappants.
Là où ça coince, c’est avec les créatures. Les zombies en images de synthèse accusent sérieusement leur âge et cassent l’immersion à chaque apparition — dommage pour un film qui misait tout sur le réalisme de son ambiance. Le dernier acte part aussi un peu en roue libre, comme si le film ne savait plus trop quoi faire de lui-même.
Un bon film de survie, porté par une performance solide et une première heure vraiment efficace. Mais clairement pas le chef-d’œuvre que le sujet pouvait laisser espérer.