J’ai eu du mal à m’y mettre et à rentrer dans le film, honnêtement. La voix off est un peu envahissante, et les dialogues ne sonnent pas toujours juste avec ce vieux français et ce côté théâtral. Mais j’aime tout de même beaucoup l’idée de s’attarder sur quasiment un seul passage de l’œuvre (trop difficile, sinon, évidemment, de faire un film en un temps réduit qui garderait toute la densité des personnages de Hugo). On ne verra donc pas Cosette, les Thénardier, Gavroche, Marius, etc.
Le film arrive, malgré certaines maladresses, à restituer la puissance de l’œuvre de Victor Hugo, principalement parce qu’il prend le temps de caractériser ses personnages, en les rendant humains sans en faire de simples archétypes. La fameuse séquence des couverts et du chandelier, ce geste de bonté pure, est d’ailleurs très réussie : probablement le moment le plus important et le pic émotionnel du film. Le film est également plutôt joli (dans ses paysages français, dans ses intérieurs éclairés à la bougie, ainsi que pendant les flashbacks au bagne tournés dans de magnifiques carrières de calcaire).