Comme premier long métrage, Jésus permet à son jeune réalisateur, Hiroshi Okuyama, de rassembler ses influences en une forme aboutie quoiqu’un peu trop chargée dans son esthétisation de la vie quotidienne : on pense au cinéma de Xavier Dolan, à celui de Hirokazu Kore-eda aussi, assaisonnés d’un soupçon de comique improbable avec son Christ en miniature qui ne tient pas en place et fait office de tête de lecture pour le tourne-disque cassé. Il signe une œuvre originale qui réussit à tenir ensemble ce qui d’habitude n’adhère pas : la mélancolie d’une amitié blessée, le drame social sur fond de différence de classes, le burlesque déjanté, l’initiation d’un jeune garçon au christianisme. Une fois le cadre scolaire et rigoriste posé, le réalisateur s’amuse à le faire imploser : la classe devient un observatoire à étoiles filantes puis un cimetière en puissance, la cour de récréation se mue en poulailler et terrain de football. L’amitié des deux élèves paraît remodeler l’espace, le percer de trous à la manière des paravents et de leur papier que le grand-père aimait tant traverser du doigt.


Car c’est d’amitié que parle Jésus, de ce sentiment si fort qui unit deux êtres au point d’aller au-delà du visible, de percer les cloisons pour accéder à l’au-delà. La foi prévaut sur le symbole : l’essentiel est de se retrouver là-bas, plus tard, et d’être réunis pour toujours. Le Christ, pendant ce temps, peut bien surgir d’un coup de baguette magique et se mettre à danser ou à courir en soulevant son vêtement ; c’est un histrion, il amuse la galerie.

Créée

le 20 oct. 2020

Critique lue 133 fois

Critique lue 133 fois

2

D'autres avis sur Jésus

Jésus

Jésus

6

seb2046

1446 critiques

Feu à l'enfance...

JESUS (Hiroshi Okuyama, JAP, 2019, 76min) : Délicate fable initiatique du monde candide de l'enfance confronté à l'univers adulte austère et figé. Une auscultation sensible à travers le destin d'un...

le 26 déc. 2019

Jésus

Jésus

7

Fêtons_le_cinéma

3800 critiques

L’ami et l’histrion

Comme premier long métrage, Jésus permet à son jeune réalisateur, Hiroshi Okuyama, de rassembler ses influences en une forme aboutie quoiqu’un peu trop chargée dans son esthétisation de la vie...

le 20 oct. 2020

Jésus

Jésus

6

Cinephile-doux

8152 critiques

Christ et chuchotements

Jésus, du débutant japonais Hiroshi Okuyama, n'a rien d'une toile de maître mais ressemble plutôt à une esquisse, chose normale considérant les 22 ans du cinéaste, au moment du tournage. Une œuvre...

le 31 déc. 2019

Du même critique

Astérix & Obélix - L'Empire du milieu

Astérix & Obélix - L'Empire du milieu

2

Fêtons_le_cinéma

3800 critiques

L’Empire sous-attaque

Nous ne cessons de nous demander, deux heures durant, pour quel public Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu a été réalisé. Trop woke pour les Gaulois, trop gaulois pour les wokes, leurs aventures...

le 1 févr. 2023

Sex Education

Sex Education

3

Fêtons_le_cinéma

3800 critiques

L'Ecole Netflix

Il est une scène dans le sixième épisode où Maeve retrouve le pull de son ami Otis et le respire tendrement ; nous, spectateurs, savons qu’il s’agit du pull d’Otis prêté quelques minutes plus tôt ;...

le 19 janv. 2019

Ça - Chapitre 2

Ça - Chapitre 2

5

Fêtons_le_cinéma

3800 critiques

Résoudre la peur (ô malheur !)

Ça : Chapitre 2 se heurte à trois écueils qui l’empêchent d’atteindre la puissance traumatique espérée. Le premier dommage réside dans le refus de voir ses protagonistes principaux grandir, au point...

le 11 sept. 2019