Feel-good movie par exemple, Jeune Juliette est un véritable bijou québécois rafraichissant et coloré. De par sa mise-en-scène, le choix de tourner en pellicule, la direction artistique, tout m'a ravie de bout en bout.
Mise à part la réalisation, c'est divinement drôle et finement écrit. On sent que la cinéaste tout comme ses acteurs sont investis par l'histoire qu'ils racontent et on a l'impression, par ce qu'ils nous proposent, de rejoindre leur famille atypique le temps du film.
Plus qu'une comédie adolescente sur une lycéenne qui se sent différente et rejetée, c'est le récit d'une jeune femme en devenir, d'une meilleure amie, d'une soeur qui fantasme sur le meilleur ami du frère, d'une babysitter improvisée, d'une fille dont le père aimerait qu'elle reste toujours enfant et dont la mère n'a pas le temps de partager plus d'une semaine de vacances...
Anne Émond réussit avec justesse à nous replonger dans ces années de doutes, d'insouciance, d'impatience et d'excitation tout en excluant pas non plus tout le côté moins rose avec les humiliations quotidiennes, la peur de ne pas plaire, le regard des autres.
Enfin le surpoids, qui est un sujet au coeur de l'histoire, est traité avec belle sensibilité particulièrement impressionnante.
Anecdote : Pour trouver Juliette, Anne Émond et son équipe ont rencontré une vingtaine de comédiennes en audition, ce qui est assez peu pour un premier rôle. L'actrice principale, Alexane Jamieson, n'a pas hésité à prendre huit kilos pour incarner son personnage.