Jibeuro surprend d’abord par la cruauté de son enfant, Sang-woo, engagé dans une détestation de la nature et de la figure de la grand-mère qui en campe l’allégorie, et par la soumission apparente de cette dernière dont le corps porte déjà les stigmates d’une vie douloureuse et isolée. La relation violente change le film en martyrologe, avec l’intérêt de faire évoluer la représentation du garçon qui, de bourreau, tend à apparaître telle la victime d’un déracinement familial et, par extension, sociétal confondant le poulet – entendu comme animal – avec une chaîne de fast-food implantée en Corée, l’énergie vitale avec des piles plates qu’il s’épuise à chercher dans tout le village pour alimenter sa console de jeu. Dès lors, la cible de ce conte initiatique se déplace pour mieux, à terme, viser la mère et ce qu’elle incarne elle aussi : une allégorie de la vie citadine affranchie des anciens et des traditions, une figure de l’égoïsme contemporain qui ne supporte rien là où sa propre mère supporte tout. Le soin porté à la réalisation et les quelques incursions comiques dynamisent une production sinon théorique et redondante.