Dans l'univers de l'animé japonais, loin de l'incontournable galaxie Ghibli et du monde tout autant essentiel de Satoshi Kon, on trouvera toutes sortes de long-métrage. Aucun n'a cependant la puissance de Jin-Roh.
Visuellement, l'animation peut bien avoir l'âge de ses artères, c'est époustouflant. Les Terminator inversés - hommes recouverts d'acier - que sont les soldats du film, marquent durablement. Idem pour les scènes dans les égouts, à commencer par celle du début simplement inoubliable.
Question intrigue, c'est complexe. Le monde de Jin-Roh est dystopique et totalitaire, on l'aura compris. Mais entre les différentes factions, on ne voit pas trop qui incarne le bien ou le mal tellement c'est dense. L'intrigue politique est touffue. Peut-être même un peu trop. Ajoutez à ça cette relecture du petit chaperon rouge, qui fait la grande force du film, et qui s'incruste à tous les étages de la fusée, et ça donne un long-métrage terriblement exigeant, poétique en diable et sombre comme pas permis.
Largement supérieur à Illang, adaptation filmée hyper bourrin sans finesse, qui déplace le cadre de l'action du Japon à la Corée et qui ose modifier la conclusion (pourtant essentielle), Jin-Roh est, à égalité avec quelques autres, tout simplement le meilleur animé japonais jamais réalisé.