Qui a eu l'idée saugrenue d'embaucher Kate Beckinsale ? Alias Selene, une dangereuse Vampire capable d'arracher la mâchoire d'un loup garou d'un revers de la main, ou de trancher en diagonale la tête d'un vampire multi-millénaire. Pas question de cela ici, mais on en est pas loin, l'équipe de tournage a du prévoir la camisole de force. Elle incarne une femme atteinte de troubles explosifs intermittents, que la moindre contrariété transforme en tueuse surhumaine. Le plus amusant est de visualiser tous ses fantasmes, avant qu'elle ne passe à l'action ou non, un suppresseur d'émotions par électrochocs permettant de contenir les démons qui sommeillent en elle.
Kate Beckinsale, la quarantaine bien tassée, ne fait pas son âge, quand je pense à l'un de ses premiers rôles ingénue dans Much ado about nothing en 1993, elle a pris du poil de la bête depuis. Le film est fun, avec de nombreux slow motions et une image hypersaturée d'un goût particulier, son personnage pourrait très bien faire partie de l'équipe des Suicide Squad, sans parler de Jai Courtney, le mal-aimé, dans un rôle à contre-emploi. Ça ne méritait effectivement pas une sortie en salle, mais c'est plutôt sympathique, l'ambiance est celle d'un Comics, on prend un malin plaisir à rentrer dans la tête de Kate Beckinsale et la voir se défouler ou contenir ses émotions. Plutôt original au départ, même si on pourra redire qu'il s'agit là d'un cinéma prêt à consommer sans réelle profondeur, l'idée est un peu sous exploitée retombant dans les poncifs du film d'action...
Détail amusant, le repère du méchant grincheux incarné par David Bradley (Game of Thrones, Harry Potter) n'est autre que la Tate Modern Gallery de Londres.