Le meilleur moyen de parler de l'impression laissée par cet insipide "Jolt" pourrait se résumer au gimmick redondant qui apparaît à chaque moment où son héroïne, victime de crises de colère lui donnant une force surhumaine, réfrène ses pulsions : on voit le temps d'une courte scène ce qui pourrait arriver sans que cela se ne produise réellement. Et c'est exactement ça "Jolt" ! On y décèle un certain potentiel par intermittence, que cela soit grâce à son idée de départ amusante de "She-Hulk" sans tranformation et le côté sans filtre que cela induit chez le personnage principal ou encore dans le relationnel décalé que ce mal provoque avec son entourage (le psychiatre, un plausible prétendant, un duo de flics antagonistes, etc), mais tout ce qui devrait le concrétiser dans un déferlement d'humour et d'action à l'écran se cantonne au minimum syndical le plus paresseux en termes de traitement.
La forme d'un sous-sous-"John Wick" incapable de tirer quoi que ce soit d'impressionnant de quelques séquences d'action et d'un univers proche de l'esprit d'un comicbook, l'intrigue cousue de fil blanc et ayant un mal fou à s'étirer sur à peine 1h30 faute d'avoir vraiment quelque chose de fort à offrir, l'inévitable sous-texte féministe caricatural qui va de pair avec une héroïne victime d'une faune exclusivement masculine ou encore le gaspillage du talent de grands noms pris au piège de rôles indigents (seuls Stanley Tucci et Bobby Cannavale s'en sortent la tête haute)... Tout ce qui devrait normalement survolter ce "Jolt" paraît trouver sa source d'énergie à partir de batteries aussi usées qu'obsolètes, à l'exception d'une Kate Beckinsale prenant un plaisir manifeste à interpréter un rôle d'héroïne un peu plus en roue-libre qu'à l'accoutumée.
Grâce à elle, nos envies de colère face à la vacuité d'un tel long-métrage (et se voyant en plus comme le premier volet d'une franchise) réussiront à être contenues mais l'état d'indifférence totale dans lequel il nous laisse est sans doute encore bien pire au final...