Jusqu'à la moitié de Joueurs, tout allait bien.On y croit à la rencontre de cette restauratrice envoûtée par un flambeur et à sa plongée dans la dépendance fiévreuse et désespérément romantique. On y croit parce que la débutante Marie Monge montre un vrai talent de mise en scène pour filmer les cercles de jeu parisiens et leur faune. Et aussi parce que Tahar Rahim est séduisant en diable et Stacy Martin subtile en oisillon pris au piège. Et puis le film, dans sa seconde partie, devient plus commun en adoptant tous les poncifs du film noir et du thriller, perdant son sens de l'atmosphère pour un suspense dont on n'a que faire. Tout parait alors fabriqué et convenu et notre attirance pour ces deux personnages équivoques retombe. On s'aperçoit davantage des défauts du film et notamment son incapacité à donner de la substance aux seconds rôles. L'addiction est salée mais elle cesse de devenir le sujet de Joueurs et les ellipses, intelligentes dans les trois premiers quarts d'heure, nuisent ensuite au rythme du récit qui va inéluctablement vers un dénouement en grande partie attendu. Mais pour s'être colleté à un genre pas si fréquenté par les jeunes cinéastes, on accordera à Marie Monge des circonstances atténuantes avec l'espérance de la voir à nouveau derrière la caméra.

Cinephile-doux
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Au fil(m) de 2018

Créée

le 15 juil. 2018

Critique lue 582 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 582 fois

2

D'autres avis sur Joueurs

Joueurs

Joueurs

4

el_blasio

563 critiques

Perdu

On n’entrevoit le talent de la jeune réalisatrice Marie Monge que lors de quelques fulgurances, dans ce premier long-métrage inabouti et à l’intérêt limité. Les montées d’adrénaline sont...

le 7 août 2018

Joueurs

Joueurs

4

Christoblog

1522 critiques

Presque réussi

Le premier long-métrage de Marie Monge est presque réussi. Il commence de façon brillante par un tourbillon amoureux qui entraîne avec brio l'excellente Stacy Martin et un Tahar Rahim plutôt...

le 4 oct. 2018

Joueurs

Joueurs

6

Cinephile-doux

8153 critiques

L'addiction est salée

Jusqu'à la moitié de Joueurs, tout allait bien.On y croit à la rencontre de cette restauratrice envoûtée par un flambeur et à sa plongée dans la dépendance fiévreuse et désespérément romantique. On y...

le 15 juil. 2018

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8153 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8153 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8153 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021