On retrouve dans ce film des thèmes chers à Sydney Lumet.
Ce film traite d'un procès qui a effectivement eu lieu. Sydney Lumet a probablement attentivement choisi les scènes du procès qu'il désirait montrer et ces scènes nous montrent deux choses. La première c'est un avocat-accusé sympathique et positif. La seconde, des accusés tous coupables.
Le paradoxe du film est là. Malgré ce parti pris validant les magouilles des accusés (Jackie dit régulièrement : tu te rappelles quand on a fait ça ou ça ... et parle très librement de ces commerces illégaux), le jury votera "non coupable" pour l'ensemble des mafieux et reconnus mafieux accusés.
Ce n'est pas la réelle retranscription du procès de 1987-1988 puisqu'il est incomplet. Sidney Lumet s'en sert simplement pour faire un exercice de style. Dans "12 hommes en colère" il se pose déjà la question du système de jury influençable à loisir. Dans ce premier film, cela finissait bien, puisqu'on en ressortait en ayant sauvé un homme de la potence et convaincu du bien fondé des arguments scientifiques du film.
Dans "Jugez-moi coupable" il se sert du jugement inattendu du jury réel pour poursuivre sa thèse dans l'autre sens. Le jury est toujours aussi influençable et il nous montre à quel point il est difficile de ne pas s'attendrir devant le charisme d'un accusé ou les talents oratoires d'un avocat (procureur ou défenseur).
Dans ce film, Sidney Lumet accuse le jury d'avoir voté "non coupable" à la question "ces accusés sont-ils méchants et antipathiques ?". Et effectivement, de cela ils étaient non coupables.